Les chimistes privilégieront les acquisitions ciblées en 2011
La Tribune
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Acquisition de Danisco par Dupont, OPA du néerlandais DSM sur l'américain Martek, spécialiste des produits nutritionnels ce jeudi pour 829 millions d'euros... L'année commence fort pour les chimistes. Pourtant, 2011 ne devrait pas voir une recomposition du secteur. « Il n'y a pas de reprise massive des fusions-acquisitions, il s'agit plutôt de grosses acquisitions ciblées », confirme Geoff Haire, analyste chez HSBC. L'américain Dupont a beau avoir dépensé 6,3 milliards de dollars pour le danois Danisco, spécialiste des enzymes industriels et des ingrédients alimentaires, ce dernier pèse « seulement » 2,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit dix fois moins que son acquéreur (26,1 milliards de dollars en 2009). On retrouve ce ratio dans les emplettes des chimistes français : Arkema (4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2009) a déboursé en décembre 550 millions d'euros pour les activités de résine de Total. De son côté, Rhodia (4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2009) avait acquis le chinois Feixang Chemicals pour 489 millions de dollars. Plus symbolique, le groupe de Jean-Pierre Clamadieu s'est offert juste avant Noël les plastiques techniques de l'indien PI Polymer pour 13 millions de dollars. Si les mouvements restent ciblés, c'est que « la plupart des chimistes se sont désendettés et ont retrouvé une croissance raisonnable et des niveaux de marge records. Ils n'ont donc pas un besoin urgent de relais de croissance. De plus, ils restent marqués par la crise des ces dernières années et les incertitudes sur la conjoncture mondiale », détaille Goeff Haire. Nouveaux acheteursUn manque de visibilité confirmé par le Cefic, le syndical patronal des chimistes européens : il prévoit une hausse de 2,5 % de la production chimique en Europe en 2011, contre environ 10 % en 2010. Mais 2011 ne sera pas une année blanche. « L'annonce fin décembre d'une offre sur la société israélienne Makhteshim-Agan [premier producteur de produits agrochimiques génériques au monde, Ndlr] par le chinois ChemChina illustre l'émergence d'acheteurs des pays émergents », souligne Geoff Haire. Quant au belge Solvay, à la tête d'un trésor de guerre de 5 milliards d'euros, il s'est fait souffler Danisco par Dupont et n'a toujours pas trouvé chaussure à son pied. Les Français, eux, tenteront de trouver des pépites. Rhodia, qui mise sur les pays émergents, envisage une deuxième acquisition en Inde. Quant à Arkema, il a quasi achevé son plan de croissance externe d'1 milliard d'euros avec les résines de Total (850 millions).
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