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Comment les révolutions arabes impacteront les allocations d'actifs

La Tribune

Publié le 13 mars 2011 à 20:25 - Mis à jour le 13 mars 2011 à 20:25

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18 juillet 2026

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Si « quelque chose de considérable a commencé en Tunisie », comme l'affirme Hubert Védrine, il convient de s'intéresser aux répercussions économiques et financières que pourraient avoir les événements d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Car, l'environnement économique et la stratégie d'investissement à adopter seraient radicalement différents selon le scénario retenu. La hausse du prix du baril de pétrole en fin d'année dernière résultait principalement de l'augmentation de la demande. Supérieure aux prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, elle s'établissait en décembre à 90 millions de barils par jour, niveau supérieur à celui constaté avant la crise (87,2 millions de barils par jour). L'offre a été capable d'y répondre, les pays producteurs ayant accru leur production.La révolution tunisienne, et même égyptienne, n'avait eu jusqu'alors que peu de conséquences sur les marchés financiers. Sa « propagation » à la Libye a, en revanche, immédiatement généré une forte hausse du prix du baril de pétrole, celui-ci bondissant de plus de 10 % (à 115 dollars pour le baril de brent). Pourtant, la Libye ne produit que 1,6 million de barils par jour (1,8 % de la production mondiale). Les autres pays producteurs sont capables de pallier l'arrêt de la production libyenne, leur capacité de production supplémentaire étant estimée à 5 millions de barils par jour. En l'absence de propagation du mouvement à d'autres pays producteurs, le prix du baril de pétrole devrait donc se stabiliser autour des niveaux actuels et la prime de risque géopolitique l'affectant devrait diminuer très progressivement, corrélativement à la stabilisation politique de ces pays.Un scénario alternatif consisterait à imaginer que d'autres petits pays producteurs puissent connaître des événements similaires. Dans ce cas, les grands pays producteurs, et en particulier l'Arabie Saoudite, pourraient accroître substantiellement leur offre (de l'ordre de 3,5 millions de barils par jour pour ce dernier). L'équilibre du marché du pétrole serait assuré mais de façon précaire, toute croissance supplémentaire de la demande étant susceptible de le déséquilibrer progressivement. Les tensions sur le prix du baril seraient alors plus fortes, le niveau des 120 dollars étant susceptible d'être nettement dépassé. Enfin, le scénario le plus adverse imagine que les grands pays producteurs de la région soient touchés, générant in fine un choc pétrolier caractérisé par de nouveaux records pour le prix du baril de pétrole.De ces trois scenarios, il est possible de déduire des conséquences économiques et des stratégies d'allocation d'actifs différenciées. Si le premier scénario exacerbe quelques risques économiques - en particulier celui de l'inflation dans les pays émergents - il n'affecte que marginalement la croissance mondiale, l'économie étant susceptible d'absorber une hausse a posteriori mineure du prix du baril de pétrole. Dans ce contexte, les actifs risqués, et plus particulièrement les actions, ne seraient exposés qu'à un risque de correction contenue. Il conviendrait donc de ne pas modifier sensiblement l'allocation d'actifs.La « propagation » à d'autres petits pays producteurs aurait des conséquences plus importantes. Si les estimations des conséquences économiques d'une hausse du prix du baril découlant des modèles employés par les organisations internationales telles que le FMI divergent de manière notable, il est raisonnable de considérer qu'un tel scénario engendrerait une perte de croissance pour l'économie mondiale de l'ordre de 0,5 %. Un risque de ralentissement plus prononcé devrait même être intégré, la confiance des agents économiques étant susceptible d'être affectée. Dans ce cas, la correction des marchés actions serait nettement plus importante (de l'ordre de 10 à 20 %), nécessitant l'adoption d'une allocation d'actifs plus défensive.Enfin, le scénario du choc pétrolier produirait sans doute une récession. Un nouveau « bear market » (recul des marchés actions supérieur à 20 %) serait enregistré, justifiant une allocation d'actifs très défensive.L'économiste considérera le premier scénario comme le plus probable mais il n'hésitera pas à se tourner vers les spécialistes de l'analyse géopolitique - qui semblent eux aussi souffrir du « syndrome de l'imprévisible » - pour leur demander conseil...

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