« Unilever France a retrouvé la croissance »

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STRONG>Bruno Witvoët, président d'Unilever FranceAprès cinq années de baisse du chiffre d'affaires en France, comment s'est passé 2010 ?La première mission que m'a confiée le PDG, Paul Polman, il y a un an était de retrouver la croissance. Mission réussie car le chiffre d'affaires a progressé de 3 %, à 2,3 milliards d'euros, et les volumes ont crû de 4 % grâce à une politique promotionnelle agressive. Les trois quarts de nos catégories sont en croissance, dont les lessives, les glaces, les soupes ou les dentifrices. Seuls les thés, attaqués par les marques de distributeur, et les shampoings ne sont pas encore là où nous voudrions qu'ils soient. A votre arrivée en janvier 2010, l'entreprise n'était pas mal-en-point après de multiples restructurations ?Mon prédécesseur avait initié une série de mesures pour relancer la compétitivité, comme la concentration de la production d'Amora Maille sur le site de Chevigny ou des optimisations logistiques importantes. Je n'ai eu qu'à amplifier ces mesures d'économie, qui nous ont permis de réinvestir sur nos marques. En 2010, Unilever est le sixième investisseur en France, derrière des acteurs de l'automobile et des télécoms, et le premier de la grande consommation. C'est vrai que le moral était bas après plus de 300 postes supprimés depuis 2009. J'ai donc tenté de réinsuffler de l'énergie positive en associant les salariés à la modernisation de leurs locaux de travail, par exemple, ou à la recherche de nouvelles solutions en matière de développement durable. Le retour à la croissance, associé à plein de petites actions, comme la création d'espaces de détente chaleureux, ont fini par faire la différence et le moral s'améliore nettement, même s'il reste du chemin. Avez-vous terminé votre stratégie de recentrage de marques, ou bien des petites, comme Timotei et Planta Fin, pourraient encore être cédées ?Nous avons relancé les shampoings Timotei en juillet et nous nous attaquons en ce moment à la margarine Planta Fin. L'amplitude du recentrage est terminée mais il y a toujours des évolutions. Nous allons par exemple intégrer en avril les marques d'hygiène rachetées à Sara Lee, même si les autorités de la concurrence nous obligent à revendre Sanex, qui représente 50 % des ventes de l'ensemble. Monsavon nous offre une signature d'entrée de gamme et Williams nous permet d'entrer sur la catégorie des produits de rasage. La France est-elle encore considérée comme un pays prioritaire ?Unilever veut doubler son chiffre d'affaires. Il va donc se tourner vers les émergents, réserve de croissance démographique et économique. Mais, comme il y effectue déjà 53 % de ses ventes, 30 % de la croissance viendra des pays matures. C'est d'ailleurs là que le groupe a réalisé ses deux dernières acquisitions : produits d'hygiène de Sara Lee en Europe et shampoing Alberto Culver aux États-Unis. La France est le sixième pays d'Unilever (derrière les États-Unis, l'Inde, le Brésil, l'Angleterre et l'Allemagne). Elle a donc un vrai rôle à jouer dans la croissance. C'est d'ailleurs là que sont initiées de nombreuses innovations du groupe, comme la gamme bio d'Amora, le Sun Turbo Gel ou le Cornetto Enigma.Les marges d'Unilever France, comme celles du reste du groupe, vont-elles diminuer du fait de l'envolée des matières premières ?Nous avons beaucoup contrôlé nos coûts, ce qui nous a permis de baisser nos prix, mais là, nous sommes obligés de repasser des hausses. Elles pourraient se traduire par 1 à 2 % dans les produits d'hygiène, jusqu'à 4,5 % dans l'alimentaire. Nos négociations sont presque terminées avec la distribution mais ce n'est pas facile. Cette hausse des tarifs devrait limiter l'impact sur notre marge, de même que les mesures de baisse de coût. Quelles mesures ?Nous venons de créer une palette en carton, qui ne pèse que 3 kilos quand celle en bois en pesait 25. C'est donc moins cher car moins lourd pour le transport et plus recyclable. Idem pour nos lessives. Nous avons été les premiers, en mars 2007, à lancer une lessive ultra-concentrée et nous sommes encore les premiers aujourd'hui à commercialiser des lessives encore plus concentrées. Là encore, ces produits, plus valorisés et qui coûtent moins cher en termes d'emballage, sont aussi meilleurs pour l'environnement. Notre ambition pour 2011 est une croissance supérieure à celle de 2010 et nous sommes bien partis ! Propos recueillis par Sophie Lecluse

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