Barack Obama se saisit du problème de la dette publique

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Barack Obama est bien décidé à reprendre la main sur le débat budgétaire. Après avoir laissé le champ libre aux républicains, le président américain présentait mercredi son projet de réduction de la dette de l'État fédéral. Un sujet sensible pour la Maison-Blanche, prise entre le désir de ne pas froisser l'aile gauche du Parti démocrate, et la nécessité de réduire les déficits publics sur le long terme. L'endettement fédéral dépasse en effet les 14.000 milliards de dollars. Et il se rapproche à grands pas de la barre symbolique des 100 % du PIB.À l'Université de George Washington, ce grand oral était en quelque sorte un oral de rattrapage pour Barack Obama. Fin février, il avait présenté un premier projet budgétaire ne prévoyant « que » 1.100 milliards de dollars d'économies au cours des dix prochaines années. Cette proposition ne touchait en outre que modérément aux principaux postes budgétaires du pays, à savoir les programmes d'assurance-santé Medicare et Medicaid, le régime général des retraites et le budget de la Défense.Depuis, l'administration a dû changer de cap et se résoudre à un plan beaucoup plus volontariste. Barack Obama devait ainsi proposer de limiter les dépenses publiques, de rationaliser le programme Medicare, de réduire le budget de la Défense et de restructurer le système fiscal. Il devait également se prononcer en faveur d'une hausse de l'imposition des ménages les plus aisés, non seulement en ne prolongeant pas les cadeaux fiscaux accordés sous la présidence Bush mais aussi en relevant les taux des tranches supérieures. Ces recommandations devaient, au total, déboucher sur une réduction de 4.000 milliards de dollars des déficits escomptés lors de la prochaine décennie.Réduire les dépenses publiquesLa semaine dernière, Paul Ryan, le président de la commission du Budget à la Chambre des représentants, avait dévoilé la feuille de route républicaine. Plus drastique, elle préconise une réduction des dépenses publiques de 5.800 milliards de dollars sur dix ans, sans prévoir la moindre hausse de la fiscalité. « Nous n'avons pas un problème de recettes, expliquait-il. Augmenter les impôts pénaliserait la croissance et l'emploi ». Son projet prône par ailleurs une privatisation de Medicare. L'avenir de la couverture santé des personnes âgées, dont les coûts ne cessent de grimper, est d'ailleurs l'un des principaux points de frictions entre les deux camps. De nombreux démocrates s'opposent à tout changement qui pénaliserait une population déjà fragilisée par la récession.C'est dans ce contexte tendu que le Congrès doit encore relever le plafond de la dette fédérale, qui sera touché en mai. Sans accord, les États-Unis pourraient alors être incapable d'honorer le remboursement de leur dette et se retrouver en défaut de paiement. Les parlementaires entameront ensuite les négociations sur le budget 2012. Elles s'annoncent particulièrement difficiles. Vendredi dernier, les deux partis avaient attendu la toute dernière minute avant de trouver un accord budgétaire pour éviter la fermeture de nombreuses administrations.

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