L'Europe adopte le régime spartiate

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Le Vieux Continent est à l'heure de la rigueur et de l'austérité. La rhétorique politique évite de le dire car c'est anxiogène pour l'opinion publique. Elle lui préfère les mots de « réforme », « ajustement structurel », « contrôle des déficits », « assainissement des finances publiques »... Mais le fameux modèle européen censé nous protéger de la tourmente financière atteint ses limites. En prenant la Grèce dans leur radar, talon d'Achille de la zone euro, les marchés financiers ont révélé que le mode de vie européen, caractérisé par une protection sociale et une qualité de vie réputées dans le monde, est de fait aujourd'hui financé à crédit. Les investisseurs se fondent sur de solides arguments.D'abord, la vieille Europe peine à sortir de la crise, elle ne crée pas suffisamment de richesses. L'estimation du PIB de la zone euro au premier trimestre s'est en effet affiché à + 0,5 % sur un an (+ 0,2 % par rapport au trimestre précédent), tandis que ce même PIB trimestriel atteint + 3,2 % aux Etats-Unis. Ensuite, il y a le poids croissant de la dette de la zone : de 88 % en 2010, selon l'OCDE, qui calcule différemment d'Eurostat (voir graphique), elle devrait passer à 93 % du PIB en 2011. Cette aggravation, qui atteint un niveau insupportable, est le résultat de l'adoption de plans de relance financés par l'emprunt pour amortir les effets de la crise mondiale en attendant une reprise économique relayée par le secteur privé. Mais cela s'est révélé insuffisant pour sortir de l'ornière. Outre le cas flagrant de la Grèce, l'Espagne, le Portugal, et l'Irlande sont victimes de l'effet de ciseau qui étouffe leurs économies. Ils ne sont pas seuls. L'Italie ou l'Autriche, mais aussi la Grande-Bretagne, dont la nouvelle coalition à peine nommée annonce une économie de 6 milliards de livres à court terme (lire page 9) vont à leur tour renforcer les mesures drastiques : réduction des dépenses publiques tous azimuts couplée à une majoration des impôts.De profonds changementsEnfin, l'Europe connaît de profonds changements de structures sociales. Le vieillissement de la population, par exemple, nécessite de réformer le modèle actuel du régime des retraites. Par ailleurs, sous l'impulsion de l'Allemagne, les pays membres vont devoir respecter strictement un déficit annuel inférieur à 3 % du PIB imposé par le Pacte de stabilité, sous peine de sanctions. Dans ces conditions, même l'Allemagne et la France vont devoir s'imposer un régime plus spartiate.

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