Sanofi-Aventis lance une nouvelle étude sur le Multaq

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cite>Sanofi-Aventis met le paquet sur le Multaq. Le laboratoire tricolore va lancer une nouvelle étude sur son médicament contre les troubles du rythme cardiaque. Baptisée Pallas, l'étude démarrera au troisième trimestre 2010 et portera sur 10.000 patients atteints de fibrillation atriale permanente. Il s'agit des cas les plus sévères de cette pathologie, jusqu'ici exclus du traitement par Multaq. « Sont concernés la moitié des patients atteints de fibrillation atriale [4,5 millions en Europe, Ndlr]. En ciblant les populations les plus à risques, nous souhaitons montrer que l'efficacité du produit est indiscutable », explique-t-on chez Sanofi. Commercialisé aux États-Unis, au Canada et dans sept pays d'Europe - dont le Royaume-Uni où il a reçu un avis préliminaire favorable en mars - le Multaq est destiné à remplacer l'amiodarone en évitant ses importants effets secondaires (problèmes de thyrroïde, pulmonaires...). Mais des doutes sont apparus sur l'efficacité du médicament. En France, la Commission de la transparence, chargée d'évaluer l'intérêt médical des nouveaux produits, n'a toujours pas rendu son avis définitif. En début d'année, elle avait estimé que le Multaq n'apportait pas de progrès thérapeutique (lire « La Tribune » du 22 mars) de sorte qu'il n'est toujours pas disponible dans l'Hexagone.retour sur investissementsSi elle est satisfaisante, l'étude Pallas permettra au laboratoire de gagner une indication supplémentaire pour le Multaq. « En démontrant l'efficacité médico-économique sur une sous-population de malades, Sanofi peut espérer obtenir un meilleur prix pour celle-ci », détaille Patrick Biecheler chez Roland Berger. « Le lancement d'une étude de cette envergure montre la confiance de Sanofi dans le produit : compte tenu de sa durée, environ trois ans, et de son coût financier [60 à 100 millions d'euros, Ndlr], le laboratoire n'aura que quelques années pour espérer un retour sur investissement. Les brevets liés à Multaq courent en effet jusqu'en janvier 2017 (avec extensions) aux États-Unis et en 2020 en Europe », estime pour sa part Philippe Lanone, analyste chez Natixis. En revanche, l'annonce n'aura qu'un effet marginal sur les discussions en cours en France. « Elles ne portent que sur les indications actuelles. Néanmoins, les nouvelles études lancées sont portées à la connaissance des experts de façon à leur permettre d'anticiper les nouveaux apports en terme médical et économique », explique un bon connaisseur du secteur. Aux États-Unis, Sanofi vise 100 millions d'euros de ventes avec le Multaq en 2010, après 20 millions au premier trimestre. Audrey Tonnelie

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