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Privatisations en Grèce sur fond de divisions politiques

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Publié le 13 juin 2010 à 21:22 - Mis à jour le 13 juin 2010 à 21:22

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Des milliers de manifestants rassemblés devant le parlement d'Athènes pour protester contre le plan de privatisations du gouvernement, des centaines de liaisons ferroviaires bloquées jeudi dernier par une grève de 24 heures des cheminots grecs : le premier ministre Georges Papandréou l'aura compris, son programme de privatisations des entreprises publiques (chemins de fer, poste, eau...) annoncé en début de semaine dernière risque d'être plus compliqué que prévu à mettre en oeuvre avant la fin 2011. Certes, les pancartes brandies par les syndicalistes dénonçant « le bradage » des biens publics n'ont convaincu personne. Et à l'exception de la vente de 49 % de Trainose, la filiale transport du groupe ferroviaire public OSE, toutes les privatisations annoncées étaient déjà prévues par Bruxelles depuis plusieurs années dans le cadre de l'ouverture des marchés publics.Les entreprises françaises sont d'ailleurs déjà sur les rangs. Reste toutefois une question à trois milliards d'euros, c'est-à-dire le montant des revenus qu'espère empocher le gouvernement grâce à ces privatisations : à quel prix ces entreprises vont-elle être cédées, alors que plusieurs d'entre elles sont déficitaires, ou réclament des investissements massifs ? Le ministre des finances, Georges Papanconstantinou, a lui même reconnu que l'OSE « enregistre des pertes de 1 milliard d'euros par an » et que « sa dette cumulée s'élève à 10 milliards d'euros ». De quoi faire fuir tout investisseur responsable ! A l'inverse, Athènes s'est bien gardé de réduire ses participations dans des pépites juteuses, à l'instar de ses 34 % dans le monopole des jeux Opap, ses 20 % dans l'opérateur de télécommunications OTE ou encore sa majorité de 51 % dans le groupe d'électricité PPC. Sommés par l'Union européenne et le FMI de remplir rapidement ses caisses en vue de l'obtention de la deuxième tranche d'aide financière, les socialistes au pouvoir misent aussi sur une augmentation des recettes tirées du marché du jeu, très important en Grèce, tant légal qu'illégal. Ainsi le monopole de l'Opap, qui s'étend sur les jeux hippiques, casinos et loteries pour une manne de plus de 8 milliards d'euros et qui devait expirer en 2020, va être prolongé. De plus, si l'État devrait prochainement vendre ses participations dans les casinos, il devrait dans un même temps accorder de nouvelles licences pour des machines à sous et réguler le marché des jeux en ligne. Le marché du jeu illégal est lui estimé entre 3,5 et 5 milliards d'euros et représente pour l'État un très important manque à gagner en termes de recettes fiscales. Les enjeux financiers de ces projets d'opérations sont tels qu'en quelques jours, le débat sur les privatisations a tourné à la foire d'empoigne entre ministères, le chef du gouvernement ayant même dû intervenir pour « inviter les uns et les autres à coopérer en ce moment critique pour le pays »... Nouvelle chute de popularitéAu sein même du pouvoir socialiste grec, l'opposition à ces privatisations a pris une telle ampleur que l'on parle de plus en plus de remaniement ministériel, alors que Georges Papandréou accuse ce mois-ci une nouvelle chute de popularité (18 % contre 22 % en mai). Le vice-ministre en charge de la protection du citoyen a même évoqué la possibilité d'un recours aux urnes pour légitimer le programme d'austérité. « Nous avons été élus sur un programme et avons été amenés à en appliquer un autre à cause de la crise financière », a indiqué Spyros Vouyas dans une interview télévisée. » Une perspective cauchemardesque pour le pays mais aussi pour l'Union européenne.

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