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Et si les actions étaient des obligations perpétuelles ?

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Publié le 13 septembre 2012 à 21:02 - Mis à jour le 13 septembre 2012 à 21:02

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Le désamour des investisseurs pour les actions n’est plus à démontrer. Il n’y a qu’à voir le niveau des indices boursiers mondiaux pour s’en convaincre. Même s’ils viennent de connaître une période de timide reprise ces trois derniers mois, ils se situent toujours très loin des plus hauts historiques des années 2000 et 2007. Avec aujourd’hui ce triste bilan : sur le long terme, les actions n’est plus la classe d’actifs la plus rémunératrice, les obligations, l’or et l’immobilier la devançant assez largement. Bilan d’autant plus amer pour les entreprises concernées par cette fuite en avant qu’elles sont loin d’avoir démérité, leur niveau de marges, en moyenne, n’ayant jamais été aussi élevé. Oui, mais voilà. Crise financière oblige, les régulateurs internationaux ont concocté de nouvelles règles prudentielles vis-à-vis des banques et des compagnies d’assurance afin de les «protéger» contre d’éventuels soubresauts planétaires.Les "zinzins" faisaient la pluie et le beau temps dans les salles de marchéRésultats : ces gros donneurs d’ordres et actionnaires historiques se sont progressivement désengagés de leurs portefeuilles actions afin de conforter leurs fonds propres. Et lorsque l’on sait que ces zinzins faisaient la pluie et le beau temps dans les salles de marchés dans les années 90, on comprend mieux pourquoi aujourd’hui, la demande de titres n’est plus aussi florissante. Il y a certes les sociétés de gestion, l’industrie française des OPCVM étant l’une des plus actives de toute l’Europe. Mais là encore, la crise est venue répandre ses tentacules malfaisantes et pousser nombre d’épargnants à vendre leurs parts dans la crainte de lendemains qui déchantent. On ne peut guère les en blâmer après les chutes enregistrées ces derniers mois sur la valeur de leurs portefeuilles. Du coup, ces mêmes sociétés de gestion subissent une double peine : la réduction des encours de leurs portefeuilles du fait du repli des marchés mais aussi de la vente massive des parts de la clientèle.Peut-on envisager un retour en force des actions ?Cette aversion pour les actions est-elle amenée à perdurer ? Bien peu d’intervenants s’aventurent aujourd’hui à répondre à cette question empoisonnée. Certains éléments tangibles permettent toutefois d’apporter quelques éléments de réponse. Et parmi les arguments positifs figurent en très bonne place le rendement issu des dividendes versés chaque année par les entreprises. A l’heure actuelle, le rendement moyen des actions françaises se situe autour de 4%. C’est mieux que celui offert par les obligations «corporate» qui ont pourtant le vent en poupe auprès des investisseurs en mal de placements sécurisés. «En outre, le gisement de ces obligations comme celui des obligations convertibles est étroit. Le succès peut vite propulser leur valeur boursière au-delà de leur valeur fondamentale et en réduire l’attrait», souligne à ce sujet Olivier Gasquet de chez Allianz Global Investors. Tous les rendements ne sont pourtant pas bons à prendre. Il faut effectivement se méfier des sociétés offrant des taux trop élevés. C’est souvent parce que l’action vient de subir une forte chute en Bourse, ce qui n’est pas toujours de bon augure. C’est aussi en raison d’un important niveau de distribution décidé par un management en mal d’idées de développement. Ce qui n’est pas non plus un gage de longévité. «Le taux de rendement idéal se situe entre 3 et 4%, le pay out d’une entreprise bien gérée ne devant pas dépasser 45%. Et plus que le taux en lui-même, il faut surtout regarder la croissance du dividende sur longue période», soutient Catherine Garrigues, responsable de la gestion actions Europe chez Allianz Global Investors. Si tel est le cas, l’action s’apparente ici à une obligation perpétuelle.Des frais financiers et des coûts de financement revus à la baisseEncore faut-il que la société en question prospère à long terme. Mais là encore, certains économistes se montrent assez optimistes sur ce point. «Depuis le début des années 1980, les entreprises ont considérablement redressé leurs marges. En 30 ans, la diffusion de l’informatique, de nouvelles méthodes de gestion, le recul des taux d’intérêt et des frais financiers, la baisse du taux d’impôt sur les sociétés et la croissance internationale ont porté le rendement des capitaux propres à des niveaux rarement observés», soutient Olivier Gasquet. De même, les sociétés profitent actuellement de deux éléments particulièrement porteurs : le recul de leurs frais financiers du fait d’un contexte de taux d’intérêt historiquement bas. Situation leur permettant de renégocier à la baisse leur dette bancaire mais aussi d’émettre de la dette à des conditions particulièrement avantageuses. Comme vient de la faire la foncière Klépierre en lançant une émission obligataire avec un coupon de 2,75%. En janvier, Procter & Gamble noté AAA a pu lever un emprunt à 10 ans à 2,3%. Du coup, et c’est là le deuxième élément porteur, les sociétés peuvent financer dans de très bonnes conditions leur croissance, y compris après avoir versé un coupon à leurs actionnaires.Une internationalisation quasi généraleEnfin, cerise sur le gâteau, les sociétés se sont presque toutes organisées pour accroître leurs positions à l’international. «Les entreprises du CAC 40 réalisaient ainsi en 2010 entre 75 et 80% de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices hors de France. Les ventes dans les pays émergents, aujourd’hui évaluées à 28%, pourraient atteindre 35% en 2015», précise Olivier Gasquet. Ce tableau plutôt rose ne comporte-t-il donc aucune ombre? Certes pas. Trois risques majeurs sont susceptibles d’entraver les marges bénéficiaires des firmes : un ralentissement durable de la croissance, une hausse des coûts de production et un raffermissement de l’inflation entraînant une baisse de la consommation et une hausse des taux d’intérêt.«On reproche souvent aux actions d’être risquées. Il faut pourtant bien voir que l’on ne prend aucun risque à investir sur une entreprise dirigée par un management de qualité, dont on comprend bien le métier, positionnée sur un marché porteur et distribuant un coupon en régulière progression», assure Catherine Garrigues. Il ne reste plus qu’à en convaincre tous les investisseurs institutionnels.

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