Des aides d'État vite remboursées

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Un an après la faillite de Lehman Brothers, les banques clament haut et fort qu'elles n'ont plus besoin de l'aide des États. Le pire est passé, la reprise économique serait toute proche, la crise systémique a été évitée? Du coup, les marchés financiers permettent à nouveau aux banques de se financer sans difficulté. C'est du moins la raison officielle du remboursement massif des aides reçues des pouvoirs publics depuis le mois de juin dernier. Une des motivations premières, on le sait, était tout autre : il s'agissait de retrouver une liberté d'action totale, en particulier concernant les politiques de rémunération. En juin dernier, après la publication de « stress tests » (tests de résistance), dix des plus grandes banques américaines, dont JP Morgan Chase, Goldman Sachs et Morgan Stanley, avaient été autorisées par la Réserve fédérale à rembourser 68 milliards de dollars d'aides publiques. En juillet, au terme d'un très bon premier semestre, Goldman Sachs défrayait la chronique en provisionnant quelque 11 milliards de dollars pour les rémunérations?Désormais, selon des déclarations du secrétaire américain au Trésor, les banques ayant bénéficié des aides publiques ont remboursé plus de 70 milliards de dollars ? ramenant ainsi l'investissement de l'État fédéral à 180 milliards. La page est tournéeCinquante milliards de dollars supplémentaires seront récupérés dans les douze à dix-huit prochains mois, a estimé Timothy Geithner. Il a également annoncé la fin prochaine des mesures mises en place au plus fort de la crise. Le mécanisme de garantie bénéficiant aux fonds de placement monétaire par exemple ne sera pas renouvelé après le 18 septembre.En Europe, la réouverture des marchés, combinée au désir de s'émanciper de la tutelle des États, a conduit aux mêmes résultats. Mercredi, Commerzbank a annoncé qu'elle ne demanderait plus à bénéficier de la garantie publique pour émettre de la dette. En France, c'est officiel, la Sfef (Société de financement de l'économie française) va peu à peu cesser d'émettre avec la garantie de l'État pour le compte des banques. Et, en Grande-Bretagne, Lloyds a annoncé la semaine dernière qu'elle envisageait d'augmenter son capital afin de diminuer sa dépendance à la tutelle publique.

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