Tony Estanguet, la résurrection
La Tribune
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Un immense sourire illumine le visage de Tony Estanguet. Trois ans après son dernier sacre, le Palois est redevenu hier champion du monde de canoë monoplace (C1). Dominateur tout au long de la journée, il a réalisé une finale parfaite pour décrocher l'or sur le bassin de La Seu d'Urgell, en Catalogne, devant son éternel rival, le Slovaque Michal Martikan. « Je me suis régalé. Quand j'ai vu le 1 s'afficher au moment où j'ai franchi la ligne, c'était le bonheur. J'ai sorti l'une des plus belles courses de ma carrière. Cela fait du bien d'entendre à nouveau la Marseillaise », savoure-t-il. Entre joie et revanche, les sentiments s'emmêlent dans la tête du double champion olympique (2000 et 2004). Un an après avoir touché le fond à Pékin, le voilà de retour sur le toit du monde. Une véritable résurrection.« Après Pékin, je me suis posé pas mal de questions. J'ai failli arrêter ma carrière. Il a fallu tout reconstruire. En décembre, je me suis aligné sur une petite course régionale près de chez moi. Il devait faire deux degrés. J'ai accepté de perdre contre des inconnus. Je suis revenu petit à petit. J'ai connu des sélections un peu difficiles pour retrouver l'équipe de France. Revenir dans ces conditions, c'est fantastique », s'émerveille-t-il. En Chine, Tony Estanguet avait été désigné porte-drapeau de la délégation française. Un rôle qu'il a particulièrement pris à c?ur. Sans doute trop. Résultat, il s'est complètement noyé dans le parc aquatique de Shunyi.« prendre du plaisir »à 31 ans, il a désormais laissé la pression derrière lui pour pagayer à la recherche de sensations. Une formule qui semble porter ses fruits. « Je suis reparti cette saison pour retrouver de l'envie. Il n'y avait pas que le résultat aujourd'hui (hier), l'enjeu c'était aussi de prendre du plaisir. C'est beaucoup plus agréable de vivre l'événement de cette façon », explique-t-il. Revigoré par cette nouvelle consécration, le double champion d'Europe (2000 et 2006) peut maintenant se projeter sereinement vers l'avenir. « Je vais continuer à bosser dans cet état d'esprit. Il y a encore de belles choses à faire », confirme-t-il. Avec en point de mire : les Jeux olympiques de Londres en 2012.Alexandre Jaquin, avec François-Xavier de Châteaufort
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