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Pourquoi Lagardère vend sa participation dans EADS plus vite que prévu

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Publié le 13 novembre 2012 à 22:03 - Mis à jour le 13 novembre 2012 à 22:03

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Arnaud Lagardère n\'attendra pas le premier vol commercial de l\'A350 en 2014 pour se désengager du capital d\'EADS... comme il l\'avait pourtant promis. Le PDG du groupe éponyme, a annoncé mardi devant des analystes la sortie \"très probable en 2013\" de son groupe du capital du groupe européen. Lagardère, qui revendique le co-contrôle de la société EADS, détient 7,41 % du capital. \"C\'est désormais clair, avec le gouvernement français et tout le monde au sein d\'EADS, qu\'il est plus que probable que nous sortirons l\'année prochaine\", a expliqué Arnaud Lagardère  lors d\'une conférence téléphonique sur le chiffre d\'affaires trimestriel de Lagardère. \"Nous avons les feux verts sur EADS et c\'est pourquoi c\'est facile pour nous de prendre une décision, a-t-il précisé. Nous avons une fenêtre maintenant que la plupart de nos projets - sinon tous les projets - semblent bien engagés\". Les programmes en question sont le futur long courrier A350 et l\'avion de transport militaire A400M.Dans un communiqué, le groupe Lagardère SCA a confirmé \"sa volonté de céder sa participation dès que les conditions de marché et opérationnelles le permettront\" et a \"considéré que les conditions de cette cession pourraient être réunies dès 2013\". Selon le groupe de médias, ce projet, \"déjà annoncé à de nombreuses occasions\", s’inscrit dans la stratégie de Lagardère, qui a déjà vendu 7,5 % du capital d\'EADS en 2006, \"de céder ses participations minoritaire\".La participation de Lagardère dans EADS vaut 1,63 milliard d\'eurosAu cours actuel d\'EADS, la participation de Lagardère vaut 1,63 milliard d\'euros. La question est de savoir si Arnaud Lagardère a renoncé ou pas à la vente de sa prime de contrôle sur EADS, qui n\'en est pas une... dès lors qu\'il souhaite vendre. Cette prime de contrôle n\'est pas transmissible à l\'acheteur en vertu de la législation néerlandaise, EADS étant une société de droit néerlandais. En 2011, EADS avait contribuà 79 millions d\'euros au résultat net de Lagardère. \"Le résultat des sociétés mises en équivalence s\'établit à 112 millions d\'euros, soit une hausse de 72 % par rapport à 2010, qui s\'explique essentiellement par la progression des résultats d\'EADS. Hors EADS, ce résultat passe de 22 millions d\'euros à 33 millions d\'euros grâce à une meilleure contribution de Marie Claire et de Gulli\", avait expliqué le groupe dans son communiqué à l\'occasion des résultats annuels de 2011. Au permier semestre, grâce à la progression des résultats d\'EADS, la contribution du groupe européen s\'est élevé à 42 millions d\'euros, contre 9 millions d\'euros au premier semestre 2011.Pourquoi Lagardère veut-il se désengager aussi vite ? Plus de cinq mois après avoir faire des pieds et des mains pour devenir le président du conseil d\'administration d\'EADS en vertu d\'un pacte conclu en 2007 entre Paris et Berlin, Arnaud Lagardère, qui d\'ailleurs avait séché l\'assemblée générale qui l\'intronisait à cette fonction le 1er juin, prend la poudre d\'escampette. Le groupe Lagardère et l\'Etat français sont actionnaires d\'EADS à hauteur de 22,35 % mais ce sont les représentants de Lagardère, qui siègent au conseil d\'administration. Daimler exerce 22,35 % des droits de vote pour l\'Allemagne. Pour certains analystes, ce n\'est pas réellement une surprise. \"Lagardère veut profiter de la sortie du constructeur automobile allemand Daimler (15 % du capital, ndlr) pour en faire autant sans qu\'il y ait des soupçons de délits d\'initié\", estime l\'un d\'eux interrogé par \"latribune.fr\". La banque publique allemande KfW devrait porter sa participation dans EADS de 1% à 13 % d\'ici à la fin de l\'année. Elle devrait racheter dans un premier temps une participation 4,5 % au consortium de sept banques allemandes, Dedalus (7,5 % du capital), puis la moitié des 15 % de Daimler.Arnaud Lagardère a en outre considéré que c\'était le \"bon moment\" pour céder sa participation, vu le parcours d\'EADS en Bourse, qui surperforme encore le CAC40 cette année même s\'il n\'a pas compensée la chute accusée par le titre à la mi-septembre après l\'annonce du projet de fusion entre EADS et BAE Systems. Vers 16h00, l\'action d\'EADS dépassait les 26,2 euros, en hausse de 0,44 %. \"Nous avons très clairement dit que notre objectif était évidemment d\'être du côté des intérêts de Lagardère, mais c\'est un groupe complexe et il aurait été très difficile pour nous de vendre notre participation dans EADS et de ne pas protéger dans une certaine mesure les intérêts français\", a observé Arnaud Lagardère.Les doutes de Lagardère sur la fusion EADS/BAE SystemsLe groupe Lagardère avait exprimé début octobre ses doutes sur le projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems, qui a finalement capoté le 10 octobre, un échec attribué au veto de la chancelière allemande Angela Merkel. Dans un communiqué, Lagardère avait estime en tant qu\'actionnaire de référence d\'EADS, que \"ce projet, en dépit du potentiel industriel et stratégique qui lui est prêté, n\'a pas démontré à ce jour qu\'il était créateur de valeur pour EADS. Lagardère estime, à ce stade, insatisfaisantes les conditions de rapprochement entre EADS et BAE. Par conséquent, Lagardère invite la direction exécutive d\'EADS à engager sans attendre l\'indispensable réexamen du projet de rapprochement d\'EADS et de BAE, en prenant mieux en compte l\'ensemble des intérêts de l\'actionnariat français de contrôle d\'EADS\".\"Ce qui est formidable concernant la négociation avec BAE, c\'est que tout a été mis sur la table\", a poursuivi Arnaud Lagardère, faisant référence à la probable sortie de Daimler du capital d\'EADS. \"Il y a eu une très large communication sur le pacte\".

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