Après dix ans d'envolée, le marché de la photographie s'est...

 |   |  564  mots
Un an après la crise, les acteurs du monde de la photographie affichent globalement une certaine sérénité. « La dernière édition de Paris Photo, en 2008, a montré que le marché de la photographie résistait, même si, pour le contemporain, ce sont les petits prix qui fonctionnent le mieux, indique Guillaume Piens, directeur du salon. Ce domaine n'a pas connu les dérives du marché de l'art contemporain. On n'en est pas aux prix de Jeff Koons. » En témoigne la vente, le 24 octobre, de la collection de Florence et Daniel Guerlain chez Artcurial. Bien qu'hétérogène, celle-ci a enregistré des résultats satisfaisants, avec un total de 520.000 euros et 70??% de lots vendus. D'après la base de données Artprice, les prix de la photographie sont restés stables de septembre 2007 à mars 2008, avant de chuter de 17???% entre mars 2008 et janvier 2009. Mais, après cette baisse, ils sont remontés de 6???%. La dévaluation ayant précédé les déboires de l'art actuel, la reprise s'est aussi opérée plus tôt, dès janvier 2009. Tarifs accessiblesLe redémarrage s'est toutefois accompagné de nouveaux prix, même pour les stars du marché comme Cindy Sherman. Ainsi, avant la récession, une photo importante de cette artiste pouvait se vendre jusqu'à 2 millions de dollars. Aujourd'hui, elle se négocierait plutôt entre 1,2 et 1,3 million de dollars.Qu'en est-il du marché des créateurs du Moyen-Orient, mis en orbite à Paris Photo ? Tout dépend de leur notoriété. Connue pour la série « Women of Allah », où elle apparaît en tchador, les parties non voilées recouvertes de poèmes persans calligraphiés, l'Iranienne Shirin Neshat­ reste en pole position. En avril 2008, sa photo «?Whispers?» s'est adjugée pour 265.000 dollars. Inspirés du cinéma égyptien des années 1950, les portraits coloriés à la main de Youssef Nabil sont très prisés. Des images qui valaient 2.000 dollars en 2005 s'échangent autour de 40.000?dollars aujourd'hui. En octobre 2008, une photo titrée « Sweet Temptation » a même atteint 44.450 livres sterling chez Sotheby's. « Son ?uvre devient de plus en plus conceptuelle, il prend des risques, se renouvelle, souligne Claudia Cellini, codirectrice de la galerie The Third Line, à Dubai. Ses prix ne sont pas outranciers par rapport aux autres artistes de sa génération, et ce, d'autant que les petits formats valent 3.500 dollars. » La plupart de ses confrères ont toutefois des prétentions moindres. C'est le cas de la Marocaine Lalla Essaydi, représentée par la galerie new-yorkaise Edwynn Houk. Sa série de photos couvertes de calligraphies, baptisée « Femmes du Maroc », vaut entre 12.000 et 24.000 dollars. Le ticket d'entrée pour les clichés de la Libanaise Lara Baladi, représentée par la galerie La B.A.N.K., se situe à 3.000 euros, tandis que les prix du Palestinien Taysir Batniji oscillent entre 1.500 et 6.000 euros. Collectionnée par d'importants musées américains, la Marocaine Yto Barrada conserve des tarifs encore sages, de l'ordre de 3.800 euros. Si bon nombre de ces photographes restent accessibles, c'est que ce médium peine encore à s'imposer auprès des collectionneurs du Moyen-Orient. Comme le souligne la galeriste londonienne Selma Feriani, « c'est un produit plus difficile à vendre qu'une peinture. Les clients du monde arabe n'aiment pas non plus l'idée de l'édition. » Le chemin d'une vraie reconnaissance reste long. n

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :