Les trois atouts du Cavaliere pour rester incontournable

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Il n'incarne plus la rupture, la promesse d'une révolution libérale et d'un changement profond du pays. À 74 ans, Silvio Berlusconi doit affronter l'usure du pouvoir et les divisions dans son propre camp. Mais il reste populaire. Suffisamment en tout cas pour prétendre être prêt à affronter des élections anticipées avec son allié de la Ligue du Nord. Sa formation, le parti du Peuple de la liberté (PDL), est encore en tête dans les sondages avec environ 28 % des voix et il demeure pour nombre d'Italiens le meilleur candidat en s'appuyant notamment sur trois ressorts : ? UNE IMAGE D'ENTREPRENEUR À SUCCèSEn 2001, face aux caméras de la télévision publique RAI, Silvio Berlusconi avait signé en direct un « contrat avec les Italiens » en se proposant de gérer le pays comme son empire économique. Récemment, sa capacité à résoudre les questions comme la crise des ordures à Naples ou la reconstruction de L'Aquila, ville détruite en 2009 par un tremblement de terre, a été remise en cause. Mais pour une bonne partie du pays, il reste le « tycoon » qui, face à une bureaucratie envahissante et une administration pléthorique, prône le pragmatisme voire la « débrouillardise », la baisse des impôts et les grands travaux. ? L'ANTICONFORMISME Ses plaisanteries et ses gaffes irritent ses partenaires internationaux. Mais elles font partie de la panoplie de Silvio Berlusconi qui a ainsi toujours « brisé » le politiquement correct incarné par le vieil establishment économique et politique. Les sondages et son groupe de communication lui permettent de coller à l'humeur du pays. Et lorsqu'il promeut par exemple des jeunes femmes affriolantes en politique, il renouvelle son équipe avec des personnes qui lui doivent tout et transmet, comme à travers ses télés ou son club de foot, l'idée d'une possible ascension sociale. ? UNE OPPOSITION FAIBLE Entré en politique en 1994, Silvio Berlusconi a affronté cinq élections législatives en remportant trois scrutins mais en perdant deux contre Romano Prodi, en 1996 puis en 2006. Cependant, parvenue au pouvoir, la coalition de centre-gauche n'a jamais montré la cohésion nécessaire pour gouverner. À chaque fois, Romano Prodi est tombé au bout de deux ans seulement à la suite de la défection de l'un de ses alliés. Aujourd'hui encore, le Parti démocrate (PD), le centre-gauche et principale force d'opposition, est miné par les conflits internes et sans projet d'avenir pour le pays. Peu charismatique, son actuel secrétaire Pierluigi Bersani ne souhaite pas un retour anticipé aux urnes : le PD est donné à 25 % dans les sondages, soit huit points de moins qu'en 2008.Robert Lavéran, à Rome

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