Parisot en campagne

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Mais que se passe- t-il au Medef ? Les tensions apparues sur le budget de l'organisation patronale sont-elles un premier signe qu'une nouvelle bataille pour le pouvoir se prépare, alors que le mandat de Laurence Parisot arrive à échéance en juillet 2010 ? Moins que le montant de la cotisation versée par la Fédération des industries agroalimentaires, il y a dans les attaques portées ces derniers jours contre le « pouvoir personnel » de la patronne des patrons une claire volonté de déstabilisation. Sa position courageuse sur le code Afep-Medef pour limiter les rémunérations des grands patrons lui a fait de grands ennemis, tapis dans l'ombre. Traditionnelle rivale du Medef, l'UIMM, en convalescence après l'affaire de la caisse noire et bien qu'affectée par la crise du secteur automobile, ne rêve pour sa part que de retrouver la place qui a toujours été la sienne au sein du patronat, c'est-à-dire la première. D'autant que la réforme de la taxe professionnelle a réveillé la vieille fracture entre l'industrie et les services, même si Laurence Parisot s'est efforcée de préserver l'unité du patronat sur ce sujet explosif. Élue en juillet 2005 grâce au soutien des services, des banques notamment, la présidente du Medef aborde donc la campagne pour sa réélection dans un temps agité. Certes, la tradition patronale veut que l'on ne conteste pas au président sortant sa volonté de faire un second mandat, d'autant que celui-ci est de trois ans et non de cinq. Laurence Parisot, patronne de l'institut de sondage Ifop, est toutefois bien placée pour savoir qu'une élection n'est jamais jouée d'avance. Elle est d'ailleurs déjà en campagne pour porter la parole patronale, difficilement audible dans cette période de crise, surtout quand le président de la République se fait le premier pourfendeur des banquiers et du capitalisme. Comme Nicolas Sarkozy, Laurence Parisot sait néanmoins que pour se faire élire il faut s'adresser d'abord à ses électeurs. C'est la base patronale, composée des petits entrepreneurs de province, qui a fait sa victoire en 2005. En vantant la « PME-attitude » d'un Medef pragmatique et ouvert, proche des territoires, qui n'hésite pas à hausser le ton lorsque des patrons sont séquestrés, mais qui discute avec les syndicats, Laurence Parisot est donc sur le bon terrain. Cela suffira-t-il pour qu'elle n'ait pas de rival ? Certaines fédérations pourraient envoyer un candidat, ne serait-ce que pour se compter pour le coup d'après. La vraie bataille au Medef attendra sans doute 2013, avec de nouveaux acteurs, et peut-être une nouvelle configuration politique. Si jamais la gauche emportait l'élection présidentielle de 2012, les patrons pourraient vouloir à leur tête un profil plus « muscl頻, comme ce fut le cas en 1997.pmabille@latribune.fr philippe mabille

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