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Droits du football : laissez faire le marché !

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Publié le 14 décembre 2009 à 00:44 - Mis à jour le 14 décembre 2009 à 00:44

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Véritable processus de découverte, la concurrence est la meilleure alliée des consommateurs. Avec elle, les prix baissent, la qualité et la quantité de choix augmentent, l'innovation est stimulée. Il est donc fondamental que les autorités chargées de la faire respecter la comprennent bien et ne viennent, par leurs décisions, porter atteinte aux mécanismes vertueux qu'elle provoque. Cela n'est, hélas, pas toujours le cas.Le litige sur les droits de retransmission télévisuelle des matchs de football en France en fournit une regrettable illustration. À la suite d'un appel d'offres de la Ligue de football professionnel (LFP), Orange a payé 135 millions d'euros en échange du droit exclusif de diffuser, en direct, le match de football du samedi soir sur sa chaîne Orange Sports. Cette diffusion n'est accessible qu'aux consommateurs titulaires d'un abonnement Internet auprès d'Orange. Cette « double exclusivit頻 ? la chaîne et le fournisseur d'accès à Internet (FAI) ? paraît de bon sens. Et ce, d'autant qu'elle est née d'une procédure (l'appel d'offres) reconnue par tous comme étant la plus respectueuse des différents acteurs d'un marché. Elle constitue pourtant, selon un avis rendu le 7 juillet 2009 par l'Autorité de la concurrence, une pratique déloyale vis-à-vis des FAI concurrents ! Pour un économiste, cet avis est surprenant car, s'il sert d'évidents intérêts privés (notamment ceux de l'acteur historique), il va à l'encontre des intérêts des consommateurs.Outre le problème de l'insécurité juridique provoquée par la remise en cause a posteriori d'un contrat régulièrement établi après appel d'offres (procédure authentiquement concurrentielle), il est tout d'abord étonnant de voir entraver, sous couvert de défendre la concurrence, le développement d'un opérateur qui venait d'apporter un début de concurrence face à l'hégémonique Canal Plus sur le marché de la retransmission des matchs de football. L'arrivée d'un nouvel acteur devrait au contraire être saluée car elle aura pour conséquence une amélioration réelle de la qualité des services apportés au consommateur et provoquera, à terme, une baisse du prix payé par celui-ci.Ensuite, la critique de l'Autorité de la concurrence est on ne peut plus mal fondée puisque c'est au nom du risque (par nature hypothétique) d'une influence négative éventuelle, à terme, du modèle de la double exclusivité sur la concurrence entre FAI que celle-ci est dénoncée. L'Autorité préfère donc, en se fondant sur une déclinaison aussi contestable qu'inédite du principe de précaution, perdre un bénéfice certain (deux acteurs plutôt qu'un sur le marché des contenus audiovisuels) pour éviter la réalisation d'un risque futur, incertain et impossible à démontrer. Au passage, l'intérêt du consommateur semble bel et bien passé à la trappe.En condamnant le modèle de l'exclusivité des FAI sur les contenus, alors même que les vertus des exclusivités ne sont plus à démontrer, on interdit, de fait, l'entrée de ces FAI sur le marché de la télévision payante et on oblige les éventuels nouveaux entrants sur ce marché à adopter le modèle économique le plus périlleux qui soit : la concurrence frontale avec Canal Plus. Il n'y a pas de meilleure manière de décourager, pour l'avenir, toute incitation à innover sur ce marché.Enfin, l'avis de l'Autorité de la concurrence oublie de prendre en compte les problématiques particulières (mais non moins légitimes) de la Ligue de football. Cette dernière est en effet dans un schéma économique comparable à celui des grandes industries pharmaceutiques : sans brevets, autrement dit sans moyen de garantir l'appropriation de la valeur créée grâce aux investissements réalisés, pas de médicament rentable, donc pas de médicament tout court. Pour le football, le mécanisme est similaire : les investissements considérables nécessaires à l'entretien de clubs de football professionnel, à l'optimisation de leur compétitivité au plan international et à l'organisation des rencontres doivent pouvoir être rentabilisés. Le mécanisme de l'exclusivité de diffusion accordée après appel d'offres a pour finalité de permettre ce financement. S'il était remis en cause, la Ligue devrait trouver des solutions alternatives pour commercialiser ses droits. Ce serait tout le modèle économique du sport en France qui serait déstabilisé, et avec lui les très nombreux consommateurs amateurs. npoint de vue Olivier Babeau Professeur à Paris VIII-Saint-Denis et chercheur à Paris-Dauphine

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