2011, film d'actions ?

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On vous épargnera l'image tarte à la crème du verre à moitié plein ou à moitié vide. Mais force est de constater que cette année 2010 s'achève à la Bourse de Paris au niveau où elle a commencé, après avoir plongé de 15 %. L'exercice est toujours un peu cruel mais rappelons qu'il y a un an, une majorité de gérants tablait sur une progression annuelle du CAC 40 de 10 % à 15 %. Ils sont aujourd'hui bien heureux d'avoir sauvé leur mise. Tout comme ils s'étaient réjouis une année plus tôt du bond de 22 % de l'indice parisien. Un bond pas gagné d'avance : le marché a d'abord chuté de 30 % sur les premiers mois de 2009, avant de s'envoler de 60 % ! Deux conclusions s'imposent : primo, il faut avoir le coeur bien accroché pour investir en Bourse ; secundo, bien malin qui peut prédire ce qui va se passer en 2011. Il n'est pas forcément judicieux pour autant de jeter le bébé boursier avec l'eau du bain financier. Et si les Français n'ont jamais été aussi peu attirés par les actions (moins de 5 % selon un sondage récent), c'est peut-être au contraire le signal qu'il faut revenir vers elles. Selon la formule prêtée à Rockefeller mais employée dès 1852 par Charles Mackay, dans « Extraordinary Popular Delusions and the Madness of Crowds » : « Lorsque mon chauffeur se met à acheter en Bourse, c'est qu'il est temps de vendre mes actions. » On peut retourner la maxime et estimer qu'il est temps d'acheter à bon compte quand le chauffeur délaisse la « corbeille ». Fleurissent d'ailleurs de récents conseils avisés d'experts incitant à revenir vers l'« equity », classe d'actif dont le profil risque/rendement tend à devenir plus attractif que l'obligataire. La crise de la dette souveraine en zone euro est en outre venue rappeler que les obligations n'étaient pas non plus sans danger. Pour autant, l'investissement en Bourse reste un sport d'adrénaline. Dans une année aussi compliquée que 2010, c'est le « cherry picking », le choix des bonnes actions plutôt que celui de tel ou tel secteur ou d'une gestion indicielle qui aura permis de générer de la performance. Un exercice qui nécessite une adresse et un sang-froid pas forcément à la portée du premier boursicoteur venu.oprovost@latribune.frPar Olivier ProvostDirecteur adjoint de la rédaction

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