« Le mécénat est à un tournant »
La Tribune
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J'avais créé, en 2001, la première fondation de recherche médicale consacrée à l'infirmité motrice cérébrale. Plus tard, en 2005, j'ai mis sur pied la fondation de l'entreprise L'Occitane qui soutient les déficients visuels et les femmes entrepreneurs dans les pays pauvres. J'ai rejoint, à l'automne dernier, l'Admical, l'association pour le développement du mécénat industriel et commercial. D'une fondation à l'autre, j'ai rejoint une association fédératrice des entreprises mécènes dont la vocation est de promouvoir le mécénat sur tout le territoire. La fondation d'entreprise, c'est, pour moi, un très bel outil qui peut s'inscrire au c?ur de la stratégie de l'entreprise et de sa culture. C'est un facteur de cohésion interne car elle implique le personnel, qui trouve un sens à son travail. Elle touche aux valeurs de l'entreprise. Les bénéfices se traduisent en termes de communication, de cohésion et d'image. Il n'est pas nécessaire d'être spécialiste des fondations. On apprend en marchant. Il faut rester indépendant et ne jamais perdre de vue l'intérêt général.Jusqu'à présent, cette position n'était pas tellement dans la mentalité des Français. L'intérêt général, c'était l'État. Aujourd'hui, il se désengage. Les entreprises ont pris conscience qu'elles ont des responsabilités économiques, environnementales et sociales. Le mécénat a une contrepartie qui peut se chiffrer. On signe des conventions. On sélectionne des projets. On attend des résultats. Il ne faut pas dénaturer les projets des associations mais répondre à leurs besoins et mettre de l'intelligence dans les partenariats.professionnaliserIl faut croiser le mécénat culturel et le mécénat de solidarité. Le mécénat doit continuer à répondre à toutes les préoccupations de la société civile. Il faut le professionnaliser. Prendre des risques sur les petites associations car elles sont indispensables, comme les associations pour les personnes handicapées par exemple. Il y a un vrai besoin.Le mécénat a représenté 2,5 milliards d'euros en 2009. La crise a eu un faible impact. Les budgets n'ont pas été coupés. Les gens apprennent à faire plus et mieux avec un peu moins. Le mécénat financier glisse vers le mécénat de compétences. L'action de l'Admical vise à se développer auprès des PME et des régions. Notre objectif, c'est de sensibiliser et informer les régions afin qu'elles aient la conviction qu'elles peuvent porter, dans le cadre d'une démarche citoyenne, des projets plus importants avec le monde associatif et les collectivités. nnos chroniques carrièresLundi : portrait. Un « haut potentiel » passé au crible.Mardi : état-major. Les dirigeants clés d'une société.Mercredi : mieux dans mon job. Mieux être et mieux vivre au travail.Jeudi : l'expatrié. L'aventure des cadres hors de France.Vendredi : paroles de femme. Témoignage d'une femme au pouvoir.Bénédicte Menanteau, déléguée générale d'Admical.
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