Qui paie, commande

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Voilà Renault rappelé à l'ordre. Et son patron, Carlos Ghosn, sèchement convoqué samedi à l'Élysée, pour avoir envisagé de produire la nouvelle Clio, non plus à Flins près de Paris, mais à Bursa en Turquie. Le chef de l'État a justifié son courroux, lors de ses v?ux aux parlementaires, d'une formule lapidaire : « Nous ne mettons pas tant d'argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines partent à l'extérieur. » Et d'ironiser sur ces multinationales qui se souviennent, en temps de crise, de leur nationalité d'origine et ne se trompent pas de guichet ! Et il est vrai que l'État a accordé, dans l'urgence l'an dernier, 6 milliards d'euros de prêts à la filière auto, a massivement contribué à relancer ses ventes grâce à la prime à la casse et, « last but not least », accepté d'investir dans le véhicule électrique. Dans la confusion politique de cette difficile sortie de crise, on a vu dans cette sortie présidentielle un nouvel avatar du retour de l'État, la résurgence gaullienne d'une désastreuse politique industrielle, celle à qui la France doit tant d'éléphants blancs, du plan calcul au Concorde. Ou, pis, la tentation des années 1980 de vouloir régenter, depuis les ministères, la vie des entreprises. C'est exagéré. Le seul risque du coup de gueule présidentiel, et il n'est pas négligeable, est tout autre : empêcher une délocalisation nécessaire peut dégrader la situation d'une entreprise, affaiblir sa compétitivité. Mais on peut y voir, aussi, un simple rappel au bon sens : qui paie, commande. On ne peut pas demander tout et s'exonérer de tout. Le raisonnement vaut pour tout le monde, pour Renault comme pour les banquiers ! pagay@latribune.frpierre- angel gay

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