Un premier tour, un mauvais tour

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Une abstention record (pour des régionales), un retour tonitruant du Front national. Tels étaient hier soir les deux faits les plus saillants de ce premier tour de scrutin de « mi-mandat ». Il faudra certes attendre l'issue du second tour, dimanche prochain, pour en tirer toutes les conclusions politiques. La force avec laquelle ces deux faits se sont imposés autorise pourtant à parler, dès ce matin, d'un véritable vote sanction pour l'exécutif - pour le président de la République tout particulièrement. La grande victoire de Nicolas Sarkozy, en 2007, et il n'avait pas manqué de le souligner, c'était d'avoir recréer un lien de confiance entre les Français et les politiques, d'avoir réussi aussi à affaiblir voire à faire disparaître les extrêmes. Signe de cet intérêt retrouvé à la politique, les Français s'étaient à l'époque massivement mobilisés : le taux de participation devait atteindre des niveaux record, le Front national avait été marginalisé. Nicolas Sarkozy devait réhabiliter la parole des politiques. Il allait démontrer pour cela qu'ils sont capables de tenir leurs promesses, d'obtenir des résultats, bref, de peser sur le cours des choses. Ces régionales n'étaient certes pas faciles pour le gouvernement - des élections de mi-mandat ne le sont jamais. Les élections locales sont toujours une occasion, pour l'opinion, d'exprimer sans frais son mécontentement. Au-delà, la crise n'est pas finie. L'inquiétude persiste dans le pays. Les résultats d'hier montrent qu'entre les Français et leurs dirigeants, c'est à nouveau le divorce. Le PS se réjouit peut-être d'être passé, au niveau national, devant l'UMP. L'abstention élevée et la force des alternatives à gauche est pourtant aussi un désaveu à son égard - il représentait « le gouvernement sortant » dans vingt des vingt-deux régions du pays. N'ayant plus confiance dans leurs partis de gouvernement, les Français se tournent vers l'abstention ou les extrêmes. Retour à l'avant 2007 ! Si le second tour devait confirmer le premier, ce serait un mauvais tour pour notre démocratie. eizraelewicz@latribune.fr erik izraelewicz

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