Nicolas Sarkozy négocie le tournant du quinquennat

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À deux ans de l'élection présidentielle, face à une gauche qui commence à s'organiser, même en balbutiant, Nicolas Sarkozy prépare déjà sa contre-offensive.Dès ce lundi, dans toute la France, l'UMP organise 15 meetings concomitants pour lancer la bataille du second tour des régionales. L'objectif est simple : montrer que la majorité est unie et prête à diriger des régions au moment où s'engagent les négociations de second tour entre socialistes, écologistes, Front de gauche, extrême gauche et peut-être Modem.Mais l'essentiel est déjà ailleurs, au-delà du scrutin régional : Nicolas Sarkozy, qui devrait toucher son plus-bas depuis 2007 dans les sondages cette semaine, sait qu'il aborde la phase la plus délicate de son mandat. Dans un peu plus d'un an, les Français commenceront à juger son bilan, avant la campagne présidentielle de 2012.À droite, peu de responsables doutent de la détermination de Nicolas Sarkozy à affronter le verdict des Français au terme d'un premier quinquennat bousculé par la crise économique et financière de la fin 2008. Même si le chef de l'État estime que « la droite ne souffrira jamais d'avoir trop de talents », les candidats alternatifs, comme François Fillon, Alain Juppé, Jean-François Copé, et même le rebelle Dominique de Villepin, restent plus que prudents dans l'expression de leurs ambitions.Le chef de l'État se plaît toutefois à entretenir le doute sur ses intentions concernant un second mandat. « Vous ne me croyez pas quand je dis que je suis libre ? Vous avez tort », déclarait-il à des journalistes fin décembre. « Je prendrai position à la fin de 2011, en tenant compte d'un certain nombre de critères collectifs et personnels », a-t-il précisé dans sa longue interview au « Figaro Magazine », publiée vendredi, à deux jours du premier tour des régionales.Dans un premier temps, Nicolas Sarkozy va chercher le meilleur moment pour lancer la dernière phase de son quinquennat. Il explique qu'il sera temps de voir après la réforme des retraites, à l'automne prochain, « s'il convient d'envisager une nouvelle étape politique », c'est-à-dire de se séparer de François Fillon, à Matignon, depuis la victoire de 2007. D'ici là, « quelques adaptations gouvernementales » sont possibles et une poignée de ministres pourraient donc être remerciés ou promus dans la foulée des régionales.rompre avec son imageMais c'est le cap même de sa politique que le chef de l'État est en train de réévaluer, sans avoir l'air d'y toucher. En annonçant une « pause » dans les réformes au second semestre 2011, Nicolas Sarkozy a voulu rompre avec son image d'hyperprésident jusqu'au-boutiste et donner une image de prudence qu'on ne lui connaissait pas.Pour François Hollande, le chef de l'État se prépare ainsi à l'élection de 2012. « Pourquoi mettre la pédale sur le frein au second semestre si ce n'est pour préparer sa candidature ? » a dit le député PS de Corrèze.À l'UMP, on reconnaît aussi que le chef de l'État compte sur un élément extérieur : c'est dans le courant de l'année 2011 que devraient être organisées les primaires de désignation du candidat socialiste pour 2012. En 2007, Nicolas Sarkozy avait coutume de dire que les attaques socialistes contre Ségolène Royal lui avaient « mâché le travail » pour la campagne présidentielle. Au vu des ambitions intactes de l'ex-candidate de 2007 et de celles naissantes de Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande, le chef de l'État espère que l'Histoire se répétera. H. F.

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