Les pays dépendant de l'économie nippone touchés par un effet « butterfly »

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Des composants manquants à l'assemblage d'iPhone dans les usines taïwanaises, des pièces de Toyota Corolla absentes des chaînes de montage canadiennes, sans oublier les fameuses Prius Hybrid, fabriquées exclusivement au Japon par Toyota : les consommateurs du monde entier vont subir les conséquences du séisme de vendredi dernier dans leur vie quotidienne, de même que les industriels qui travaillent avec le Japon. Conséquence de la paralysie qui s'est emparée d'une partie de l'appareil productif du pays mais aussi de la mondialisation. En tête des pays affectés par cette situation : la Chine, qui absorbe 18,9 % des exportations nippones, suivie par les États-Unis (16,2 %) et la Corée du Sud (8,1 %). La France est, quant à elle, le 22e client du Japon. Autant dire que l'onde de choc du tremblement de terre n'affecte pas que le pays lui-même. Son économie, en partie fondée sur les exportations (13 % du PIB en 2009), doit non seulement trouver des débouchés pour exporter, mais avant tout produire ! Or nombre d'usines ont été fermées. De plus, compte tenu des difficultés de transports (ports fermés, aéroports à l'arrêt, autoroutes et rails détruits), les livraisons sont elles aussi perturbées, désorganisant ainsi la chaîne d'approvisionnement.investissements à l'étrangerMais l'intrication des relations entre le Japon et le reste du monde touche également les marchés financiers. Ainsi, alors que les rendements sur les placements obligataires à long terme ne sont que de l'ordre de 0,1 %, les investisseurs nippons ont eu tendance, ces dernières années, à aller voir là où l'herbe est plus verte, au Brésil, où les rendements sont de plus de 10 %, en Europe, et bien sûr, aux États-Unis. Au total, entre 2004 et 2010, les investisseurs japonais auraient acheté pour 1.250 milliards de dollars d'actions, d'obligations et de bons à l'étranger, dont la moitié aux États-Unis. Et c'est vrai en particulier pour les compagnies d'assurances. Or celles-ci vont avoir besoin de fonds supplémentaires pour assumer leurs responsabilités vis-à-vis des sinistrés. Vont-elles liquider leurs avoirs à l'extérieur du pays ? Certains l'envisagent, d'autant qu'elles l'avaient déjà fait à la suite du séisme de Kobe en 1995. Avec pour conséquence une chute des cours sur les places affectées. « Nos analystes pensent qu'elles auront plutôt tendance à revendre des obligations du Trésor japonais pour se financer, » tempère cependant Emmanuel Hermand, responsable de la vente actions Asie chez Nomura à Paris. Alors, une île le Japon ? Sans doute, mais loin d'être isolée du reste du monde... Lysiane J. Baudu et Céline Jeancourt-Galig

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