Allemagne : la chancelière sur le point de fermer deux centrales avant les élections

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En Allemagne, les événements au Japon ont brusquement rouvert le dossier nucléaire. Un dossier à haut risque pour le gouvernement Merkel qui avait décidé à l'automne dernier de prolonger la durée de vie des réacteurs atomiques existants de huit à quatorze ans contre la majorité de l'opinion favorable à la sortie du nucléaire décrétée en 2000 par la gauche. Lundi après-midi, la chancelière a annoncé à la surprise générale la suspension pour trois mois de sa décision de l'automne dernier. Concrètement, cela signifie que les deux centrales (sur un total de 17 en activité outre-Rhin) qui devraient être déjà fermées aux termes de la loi sur la sortie du nucléaire seront effectivement « débranchées ». Il s'agit de la centrale Biblis A située dans la région de la Hesse et surtout celle de Neckarwestheim au Bade-Wurtemberg. La fermeture de cette dernière serait hautement politique : dans deux semaines, les élections régionales dans ce Land sont un test crucial pour la coalition d'Angela Merkel. La ministre régionale du Bade-Wurtemberg, Tanja Gönner, issue du même Parti chrétien-démocrate (CDU) que la chancelière, n'a pas exclu lundi que la centrale de Neckarwestheim soit fermée avant le scrutin du 27 mars... La CDU essaie ainsi d'éviter un vote massif en faveur de l'opposition sociale-démocrate et écologiste qui lui ferait perdre le pouvoir dans son bastion et peut-être par ricochet pourrait aussi coûter à Angela Merkel son poste. Autre effet de ce « moratoire » : la non-prolongation de la vie des centrales met en péril les 2,5 milliards d'euros de recettes fiscales annuelles monnayées avec l'industrie nucléaire pour allonger la vie des centrales.

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