Les villes allemandes se débattent sous les déficits

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A Essen, la capitale européenne de la culture, l'heure est aux économies. En 2009, il a manqué 300.000 euros à la ville de la Ruhr pour boucler son budget, soit près de 15 % du total et son endettement de 3 milliards d'euros est presque deux fois supérieur à ses recettes. Les communes de la région, déjà en difficulté avant la crise, sont étranglées sous les déficits et l'on commence à réfléchir à des mesures radicales. A Wuppertal, par exemple, la fermeture du théâtre a été évoquée, ce qui a provoqué une certaine émotion outre-Rhin. A Essen, le budget des manifestations de la capitale européenne de la culture a été maintenu grâce à une subvention du Land, mais les dépenses qui ne sont pas liées au programme lui-même, comme le marketing, « sont très soigneusement examinées », car Essen doit économiser 100.000 euros par an dans « tous les secteurs, y compris la culture». La situation n'est cependant pas propre à la Ruhr. Dans la prospère Cologne, il manquera cette année, selon l'adjoint au maire chargé des Finances, Norbert Walter-Borjans, un demi million d'euros pour couvrir les dépenses de trois milliards d'euros. Et, encore, estime-t-il, « si notre situation est, dans l'absolu, mauvaise, elle reste relativement bonne ». Pour autant, il prévient qu'il faudra en passer par « des décisions difficiles ». désengagement de l'état fédéralLa crise, en pesant sur la taxe professionnelle, a frappé les budgets municipaux. Mais ces derniers doivent surtout faire face à un désengagement de l'Etat fédéral qui n'hésite pas, par ailleurs, à attribuer de nouvelles compétences aux villes. Berlin a ainsi réduit sa participation au paiement des frais de résidence des chômeurs de longue durée et a obligé les villes à prévoir en 2013 des structures de gardes pour les enfants dès 2 ans. Enfin, le manque à gagner des baisses d'impôts décidées à Berlin sur 2010 atteint 1,5 milliard d'euros au total pour les communes. Celles-ci tirent aujourd'hui le signal d'alarme. Celles de la Ruhr ont lancé en février « l'appel d'Essen », exigeant une action du Land pour les aider à réduire leurs dettes. Une « bad bank » pourrait être une possibilité. En attendant, il faut faire preuve d'imagination. Norbert Walter-Borjans a ainsi lancé l'idée d'une taxe sur les nuitées dans les hôtels pour maintenir l'offre culturelle. « La baisse de la TVA sur l'hôtellerie a été un cadeau qui nous coûte cher, il est normal que nous demandons à la profession d'agir pour soutenir l'attractivité des villes », explique-t-il. L'idée a déjà été reprise par plusieurs communes de la Ruhr et pourrait devenir une réalité à Cologne cette année. Egalement sur la sellette, l'impôts de solidarité avec l'ex-RDA payé par les communes. « Peut-être pourrait-on réfléchir à un moratoire de quelques années sur cette contribution, comme sur d'autres obligations », propose Walter Norbert-Borjans. Reste que la vraie solution serait de repenser de fond en comble la redistribution des recettes fiscales. Mais la plupart des autorités municipales n'y croient guère, car Länder et fédération croulent eux aussi sous les dettes. n

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