La communication de la Fed à l'épreuve

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La semaine qui s'ouvre devrait confirmer la divergence marquée des stratégies de sortie de crise des grandes banques centrales. Après la Banque centrale européenne qui a fait preuve d'une extrême prudence à l'issue de son conseil du 4 mars, reconduisant jusqu'en octobre les allocations illimitées de liquidités à taux fixe, c'est au tour de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Japon de réunir leurs « Sages ». La banque centrale de Tokyo, qui livrera son verdict monétaire mercredi serait tentée par un renforcement de sa politique d'assouplissement monétaire quantitatif: selon une rumeur persistante elle annoncerait une augmentation de son programme de rachats d'actifs, destinée à sortir le Japon de la sévère déflation dans laquelle il a replongé. sérieuses dissensionsLa Fed, qui la précédera d'une journée, devrait se démarquer encore plus de la Banque du Japon que de la BCE. Elle devrait confirmer mardi soir la fin de son programme de rachats de titres de la dette hypothécaire pour la fin mars et annoncer de nouvelles mesures de normalisation de sa politique monétaire, bien que la salle du conseil de Constitution Avenue ne soient plus forcément le lieu sacro-saint où se prendront les multiples décisions touchant au retrait des liquidités excédentaires. Le relèvement du taux d'escompte, hors conseil, en a été l'exemple récent le plus marquant. Mais, dans l'immédiat, c'est sur sa politique de communication qu'elle est attendue, compte tenu des sérieuses dissensions qui ont surgi entre les protagonistes du conseil. Le débat porte sur une petite phrase essentielle qui figure dans le communiqué final de la Fed depuis mars, date à laquelle elle a annoncé son programme de 300 milliards de dollars de rachats de titres de la dette publique américaine. Comment se débarrasser, sans déboussoler les économistes et les acteurs des marchés de la formulation «?la Fed garantira le maintien de taux exceptionnellement bas pendant une période prolongée?», qui la prive de toute marge de manoeuvre sur le taux cible des fonds fédéraux, ramené dans une fourchette historiquement basse de 0 % à 0,25 % en décembre 2008??L'enjeu est d'autant plus important que la Fed jouit d'un crédit exceptionnel auprès des économistes, si l'on en croit la dernière enquête du Wall Street Journal. Bien davantage que le plan de relance de 787 milliards de dollars, ce sont les actions de la Réserve fédérale qui ont permis à l'économie américaine de s'extirper de la crise. Sur les 54 experts interrogés, 25 citent le bas niveau des taux d'intérêt comme principal contributeur de la sortie de récession, 13 les rachats d'obligations publiques et de titres hypothécaires et ils ne sont que 3 à désigner le plan de relance.

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