« Quel est ce pouvoir si faible qui tient tête aux puissants en limitant leurs rémunérations indécentes ? » (Ayrault)

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Beaucoup d’animations ce samedi au Conseil national du Parti socialiste organisé à Paris dans un contexte houleux, marqué par l’affaire Cahuzac et les propos anti-austérité de plusieurs ministres, dont Arnaud Montebourg (Redressement productif), et Cécile Duflot (Logement). Ce conseil rassemble quelque 300 cadres du PS. A peine l’intervention de Jean-Marc Ayrault était-elle achevée, qu’une cinquantaine d\'ouvriers de l\'usine PSA sont entrés dans la salle en clamant « le changement, c\'est maintenant ». Le Premier ministre s\'est éclipsé. Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a, lui, décidé de leur accorder la parole pendant une dizaine de minutes. « On est venu ici pour vous demander qu\'on obtienne une bonne fois pour toutes ce médiateur, qui puisse mettre le poids du pouvoir politique, du gouvernement dans la balance », a déclaré le représentant CGT de l\'usine d’Aulnay, Jean-Pierre Mercier, devant plusieurs ministres et le conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. « vous avez vos menteurs, vos Cahuzac, nous on a Monsieur (Philippe) Varin », le président de PSA, accusé de « mentir » aux ouvriers « depuis un an et demi ».\"je ne serai pas le Premier ministre de l\'austérité\"Avant cette irruption, Jean-Marc Ayrault avait livré un plaidoyer en faveur de sa politique économique, contestée ces derniers jours par des ministres de son gouvernement. Il a exclu tout changement de cap économique et budgétaire. « Je ne serai pas le Premier ministre de l\'austérité », a ajouté Jean-Marc Ayrault, affirmant, comme le chef de l\'Etat que le « sérieux budgétaire » n\'était en rien comparable aux politiques d\'austérité menées dans le sud de l\'Europe.En réponse aux « unes de magazines qui font vendre » en mettant en avant la « faiblesse » ou l\'impuissance de l\'exécutif, le Premier ministre a répondu : « j\'entends dire que le Président de la République ou le gouvernement feraient preuve de faiblesse. » « Mais quel est ce pouvoir si faible qui s\'affronte au pouvoir de l\'argent en imposant (...) le même barème d\'impôt pour les revenus du capital et ceux du travail ? Quel est ce pouvoir si faible qui tient tête aux puissants en limitant leurs rémunérations indécentes ? » « Ce gouvernement, c\'est le gouvernement de la gauche et comme à chaque fois, rien ne nous sera épargné parce que nous bousculons les privilèges », a-t-il dit. Le gouvernement a lancé une nouvelle mouture de sa taxe sur les plus gros revenus. Au delà d\'un million d\'euros, les revenus d\'activité des salariés seront bien taxés à 75%. Mais, contrairement à ce qui était prévu, les entreprises assumeront cette nouvelle contribution.\"La chancelière de l\'austérité\"Le climat pesant au Parti socialiste depuis l\'affaire Cahuzac ébranle également la direction du Parti socialiste, le Premier secrétaire Harlem Désir étant de plus en plus contesté. Sa proposition d\'organiser un référendum sur la moralisation de la vie politique a été très mal perçue au sein de la gauche. Selon Le Parisien, paru samedi, François Hollande ne cache plus son irritation envers le dirigeant du parti. Samedi, Harlem Désir, a appelé le Parti Socialiste à être « à la pointe de la confrontation avec les conservateurs européens », et notamment avec Angela Merkel, « la chancelière de l\'austérité », pour promouvoir la relance. « Notre parti doit être la force de François Hollande dans le bras de fer qu\'il a engagé avec ces conservateurs contre les politiques d\'austérité », a-t-il ajouté.\"Nous refusons qu\'ils engloutissent, ces conservateurs, l\'Europe dans le trou noir des égoïsmes nationaux. Nous soutenons le président de la croissance face à la chancelière de l\'austérité, parce que c\'est l\'intérêt général européen de sortir de ces politiques d\'austérité\", a poursuivi Harlem Désir. \"Le temps d\'une autre Europe est possible\", a-t-il estimé. \"Il y a en Europe un front des progressistes qui partagent la vision européenne de François Hollande. Il ne faut pas qu\'il y ait une confrontation géographique de l\'Europe du sud contre l\'Europe du nord. Il faut une confrontation politique entre les progressistes qui veulent plus d\'Europe et les conservateurs qui veulent en réalité moins d\'Europe\", a-t-il poursuivi..

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