Vers un contre-choc pétrolier ?

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Le pétrole non conventionnel, extrait de la roche grâce aux techniques de fracturation hydraulique –à l’instar du gaz de schiste- avait jusqu’à maintenant un rôle marginal dans la production pétrolière mondiale. Aux Etats-Unis, zone principale d’extraction jusqu’à maintenant, on en produisait 110 000 barils par jour en 2001, et 550.000 barils en 2011. Des prévisions à très long terme faisaient état d’une contribution plus élevée, puisque de 3 à 4 millions de barils/jour étaient attendus à l’horizon 2035.Forte production américaineOr, ce niveau de production sera atteint bien plus tôt qu’annoncé: demain, ou presque, estime l’Agence internationale de l’énergie, dans un rapport publié ce mardi. La production américaine va augmenter de 3,9 millions barils/jour d’ici 2018, estiment les experts. Elle dépassera donc dans cinq ans le niveau encore attendu, voilà quelques semaines, pour 2035. Cette production non-conventionnelle contribuera à elle seule, pour moitié, à la croissance de l’offre mondiale d’or noir hors Opep. « L’Amérique du Nord provoque actuellement un choc d’offre qui a des répercussions à travers le monde entier » affirme Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l’AIE.Un bouleversement des équilibres géo-politiquesCette croissance aurait lieu pour essentiel hors des pays de l’Opep, ce qui va bouleverser les équilibres géo-politiques. Grâce à une production intérieure croissante, les importations américaines de pétrole diminueront sensiblement (de 1% par an en provenance de l’Opep). En 2018, les Etats-Unis n’importeraient plus que de 1,7 million de barils/jour en provenance du Proche Orient, soit 37% de moins qu’aujourd’hui. L’Agence internationale de l’énergie souligne que le pétrole non conventionnel pourrait se développer rapidement dans d’autres pays, en Amérique latine, Russie, ou Chine, où des possibilités existent.Une forte baisse des prix?De quoi changer l’équilibre mondial du marché. A l’horizon 2018, la demande de pétrole atteindrait 96,7 millions de barils/jour –compte tenu des projections de croissance économique, prudentes, du FMI-, tandis que l’offre atteindrait globalement 103 millions de barils. L’AIE ne se prononce pas sur l’évolution des prix. Mais une étude récente de PwC estimait que le prix du pétrole pourrait baisser de près de 40% d’ici 2035. La baisse a de bonnes chances d’être encore plus violente, et en tous cas plus rapide, compte tenu d’une montée en puissance exceptionnelle de la production non conventionnelle. Un véritable contre choc pétrolier ? Si le pétrole Brent passait d’une centaine de dollars le baril aujourd’hui à une cinquantaine de dollars dans quelques années, les effets économiques seraient de fait considérables. Le hic, c’est que si les prix chutent trop vite, ils tomberont sous les coûts de production du pétrole de schiste. Or, à l’inverse des champs pétrolifères traditionnels, l’extraction non conventionnelle peut être stoppée du jour au lendemain.Bien sûr, les techniques évoluent rapidement, autorisant une diminution des coûts. Mais on ne retrouvera pas de sitôt le pétrole à 20 dollars le baril. 

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