Le FMI tire la sonnette d'alarme sur l'endettement des Etats

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La dérive des finances publiques des grands pays de la planète inquiète les marché, on le sait. Mais il inquiète aussi le Fonds monétaire international (FMI). Dans un rapport rendu public vendredi, "Rapport de surveillance budgétaire multinational", l'institution de Bretton Woods exhorte les Etats à remettre de l'ordre dans leurw budgets mal en point du fait du ralentissement de l'activité durant la crise internationale. Selon le FMI, la dette publique moyenne des pays du G20 passerait de 76,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 à 82,2% en 2014. Et dans les pays les plus avancés du G20, cette moyenne passerait de 104,4% en 2010 à 115,5% en 2014.L'institution voit "trois raisons" à la montée du risque budgétaire. "Les tendances budgétaires sous-jacentes se sont encore détériorées depuis le rapport de novembre, les marchés financiers ont davantage concentré leur attention sur les faiblesses budgétaires, et les progrès dans la définition des stratégies de sortie budgétaires ont été lents", souligne t-il.Redressement insuffisantRésultat , les Etats doivent emprunter des sommes sans précédent, entraînant de fortes perturbations sur les marchés financiers. "Je n'ai pas besoin de m'étendre beaucoup là-dessus: les marchés font plus attention aux développements budgétaires", a observé lors d'une conférence de presse à Washington le directeur des Affaires budgétaires du FMI , Carlo Cottarelli. Le FMI a déjà relevé ses prévisions de croissance mondiale à deux reprise cette année. Mais malgré cette amélioration, le redressement des finances publiques est insuffisant, et la tendance reste mal orientée. "Même si l'activité mondiale est en train de rebondir plus vite que projeté auparavant, les perspectives budgétaires ne s'améliorent pas dans les mêmes proportions", a déploré le FMI . "Des niveaux élevés d'endettement public pourraient peser sur la croissance économique pendant des années", a-t-il ajouté.Potentiel de croissance Plus inquiétant, il estime que si les pays développés ne reviennent pas au niveau de dette d'avant la crise de 2008-2009, leur potentiel de croissance "pourrait être diminué de plus de 0,5% par an, un effet tout à fait considérable lorsqu'il se cumule sur plusieurs années". Alors qu'en novembre le Fonds entrevoyait une réduction du déficit budgétaire de l'équivalent de 8% du PIB pour les pays développés sur les vingt prochaines années, il a porté cet objectif à 8,75%. Cela exigera des choix compliqués. "Il faudra qu'il y ait un consensus politique suffisant dans la mise en oeuvre de ces mesures qui sont difficiles, mais cela s'est déjà produit par le passé", a expliqué Carlo Cottarelli.Le FMI recommande de réduire les dépenses par habitant (hors effet du vieillissement) et de réformer la fiscalité pour "lever des recettes supplémentaires d'une manière efficace et équitable". Certains conseils sont valables pour tous, comme limiter voire geler la progression des salaires de la fonction publique, ou taxer davantage l'immobilier. Fortes réactions En Europe, le FMI voit la majorité de l'effort dans les dépenses sociales, en éliminant par exemple toutes les incitations à la surconsommation de soins. Il suggère de reculer l'âge de la retraite de deux ans. Aux Etats-Unis, les taxes sur l'essence pourraient être relevées de 30 cents, et une TVA fédérale devrait être créée, avec un taux suggéré à 10%. Au Japon, où cette TVA est très basse, elle pourrait être doublée. Un programme qui devrait susciter de fortes réactions auprès de l'opinion publique.

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