Affolement sur les banques

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Cette fois-ci, ce n'est plus seulement la dette grecque qui fait peur aux marchés. C'est aussi l'accumulation des enquêtes ouvertes par les administrations judiciaire et réglementaire américaines sur les banques qui affole les marchés. Sans parler d'une crainte de revoir surgir une taxe bancaire au Portugal et en Espagne, dans le cadre des plans d'austérité. Autant de "bonnes" raisons pour se délester des valeurs bancaires. Vendredi, elles ont plongé en Bourse, entraînant dans leur sillage tous les grands indices. A mi-séance, les valeurs américaines amortissaient relativement la chute (avec des reculs inférieurs à 4%), tandis que les européennes s'effondraient en clôture : -8,98% pour Santander, -8,63% pour la Société Généralecute; Générale, -7,41% pour BNP Paribas, ou encore -4,67% pour UBS. Une fois de plus, HSBC a montré sa capacité de résistance avec un recul de 2,65%.De l'huile sur le feuSi les marchés semblaient avoir été amplement rassurés en début de semaine, à l'annonce d'un plan de sauvetage de 750 milliards d'euros pour l'Europe, l'euphorie a été de courte durée. Lorsque le patron de Deutsche Bank, Joseph Ackermann, annonçait jeudi qu'il doutait de la capacité de la Grèce à rembourser sa dette, tout en expliquant que le plan de stabilisation de la zone euro serait utile pour l'Espagne et l'Italie mais que la situation portugaise restait "difficile", il savait pertinemment qu'il mettait de l'huile sur le feu. Les révélations progressives des banques sur l'exposition aux pays d'Europe du sud, associées aux multiples annonces de mesures d'austérité qui pèseront immanquablement sur la rentabilité future des marchés n'ont fait qu'amplifier le phénomène.Les enquêtes judiciaires, des bombes à retardement ? La crise de confiance a encore été accentuée jeudi, lorsque la justice américaine s'en est mélée. Jeudi 13, Andrew Cuomo, procureur général de New York, annonçait avoir envoyé une citation à comparaître ("subponea" qui n'implique pas forcément de suite pénale) à neuf banques, les soupçonnant d'avoir fourni aux agences de notation des informations erronées sur la qualité de titres adossés à des crédits immobiliers qu'elles commercialisaient avant l'éclatement de la crise des subprimes. La crainte des marchés concernant les dommages collatéraux des enquêtes judiciaires s'observe en temps réel dans le mouvement des produits qui permettent de s'assurer contre le risque de défaut des émetteurs de dette (CDS). Après s'étaient effondrés à partir du 8 mai, sous l'effet du soulagement dû au plan de sauvetage européen, ils sont tous repartis à la hausse jeudi, le mouvement s'accentuant encore vendredi. Preuve de la peur du juge, les CDS des banques américaines et européennes avaient enregistré un bond le 19 avril, après l'annonce le 16 d'une enquête ouverte par le gendarme américain des marchés (SEC) sur Goldman Sachs concernant la commercialisation de l'un de ses produits financiers adossé à des prêts hypothécaires.

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