L'éditorial de pierre-angel gay

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Les finances publiques avaient bien besoin de cela. Les surcoûts de développement du Rafale pour satisfaire aux exigences des Émirats arabes unis, à qui on cherche à le vendre, seraient de 4 à 5 milliards d'euros. L'acheteur et les industriels (Dassault Aviation, Thales, Safran) paieront chacun leur écot, mais une part reviendra au budget de l'État. Une déconvenue, une de plus dans la longue série des déboires à l'exportation de cet avion de combat, mais surtout un rappel au bon sens. Car l'histoire se répète. Dans les années 1980, déjà, une France contrainte à la rigueur et à la balance commerciale lourdement déficitaire, avait fait de la chasse aux grands contrats une priorité. Paris avait engrangé beaucoup de déconvenues et très peu de résultats. Depuis son élection, et dans les mêmes circonstances, Nicolas Sarkozy, qui a fait du volontarisme en politique sa marque de fabrique, s'essaie au rôle ingrat de VRP de la grande industrie. En Chine, en Inde, au Brésil, sans oublier le peu glorieux épisode de la visite à Paris du Guide libyen, Muammar al-Kadhafi, ses efforts sont restés sans grand succès jusqu'ici. Après deux années de brouille, le dernier voyage de Sarkozy à Pékin a été celui de la réconciliation, pas des contrats à l'exportation. L'accord-cadre dans le nucléaire civil que le chef de l'État espérait signer à New Delhi, demeure dans les limbes. L'espoir de vendre le Rafale au colonel Kadhafi reste suspendu à son humeur fantasque. Quant à l'acquisition par Brasilia de 36 avions de combat, que l'on avait cru conclue, elle est reportée de facto au lendemain de l'élection présidentielle brésilienne... Ajoutons à cette liste, la déconvenue du nucléaire français aux Émirats arabes unis et l'on comprendra qu'il vaut mieux ne pas tabler sur les grands contrats pour guérir le pays du marasme. pagay@latribune.f

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