Le Rafale d'Abu Dhabi va coûter cher à Paris

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La vente de 60 Rafale aux Émirats arabes unis (EAU) risque de coûter très cher à la France. Si Paris accède à tous les souhaits d'Abu Dhabi, le coût de développement de cet avion de combat modernisé atteindrait, selon plusieurs sources concordantes, entre 4 et 5 milliards d'euros, certains l'estimant plus proche des 5 milliards. Dont un peu plus de 1 milliard pour le moteur qui doit passer de 7,5 à 9 tonnes de poussée, à la demande d'Abu Dhabi. « Le Rafale des EAU est un véritable sapin de Noël », expliquent des proches des négociations. Car les Émiriens ne veulent sur aucun point des performances inférieures à celles du F16 Block 60 américain déjà en service. Une facture de plus pour la France au moment où le ministère de la Défense doit se mettre à la diète (voir « La Tribune » du 7 juin 2010) et payer les surcoûts de l'A400M.À ce jour, les industriels et Paris ne désespèrent pas de convaincre Abu Dhabi d'alléger la facture, notamment en révisant leurs demandes à la baisse. Pourtant, le travail sur les spécifications de l'avion est quasiment terminé, explique-t-on à « La Tribune ». « Nous tenons le planning fixé, le rythme des négociations est soutenu », ajoute un proche du dossier. Car Abu Dhabi a mis toutes ses forces d'achat du ministère de la Défense sur ce dossier, prioritaire depuis le début de l'année. Du coup, Paris et Abu Dhabi pourraient toper avant fin juillet sur la vente du Rafale proprement dite. Actuellement les deux parties commencent à discuter du volet financier.piste sérieuse au QatarQui va payer ? Les Émiriens financeront une partie de ces développements. « Le client n'en paiera que la moitié au mieux », précise-t-on à « La Tribune ». Le reste sera à la charge du ministère de la Défense et des industriels qui se partageront au prorata de leur participation industrielle au Rafale (environ 37,5 % Dassault Aviation, 37,5 % Thales et 25 % Safran). Le ministère compte, selon nos informations, anticiper des développements prévus pour plus tard dans l'actuelle Loi de programmation militaire (LPM) et dans la prochaine en vue de moderniser le Rafale pour l'armée de l'air et l'aéronavale. L'objectif étant d'amener l'avion au standard F4, au mieux en 2015-2020, alors qu'actuellement le Rafale est en train de passer au F3. « Certaines demandes des EAU correspondent à des développements faisant partie intégrante de la LPM. On ne fait qu'avancer un certain nombre de projets », explique-t-on au ministère. Mais à ce jour, les futures spécifications du Rafale modernisé pour l'armée de l'air ne sont pas encore figées.Dernier volet de ce dossier, la revente des Mirage 2000-9 émiriens. Un sujet très sensible aux EAU, qui ne veulent pas que Paris s'en occupe. Selon nos informations, Abu Dhabi et le Qatar auraient fait, avec la bienveillance de la France, une proposition commune de céder leurs 72 Mirage 2000 (60 pour les EAU et 12 pour le Qatar) à l'Inde. Ce qui ouvrirait une piste sérieuse pour le Rafale au Qatar, très francophile. Nicolas Sarkozy avait vanté les qualités de cet avion de combat à l'émir du Qatar de passage à l'Élysée cette année. L'Inde pourrait donc se retrouver à la tête d'une flotte de plus de 120 Mirage performants et bon marché par rapport au neuf, en comptant les 51 Mirage 2000 qu'elle possède déjà et qui doivent être modernisés par Thales et Dassault Aviation, enfin convaincu. Ce qui fait dire à certains que l'Inde pourrait alors prendre tout son temps pour gérer l'appel d'offres portant sur 127 avions de nouvelle génération qu'elle a lancé.

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