Les États de l'Union redoutent les effets de la victoire flamande

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Le décompte définitif des votes aux élections législatives en Belgique dimanche donne aux partis séparatistes flamands (N-VA, Vlaams Belang, Liste Dedecker) 45 % des voix dans le nord du pays. Lundi, les milieux européens s'inquiétaient de ce raz-de-marée nationaliste, car plusieurs pays de l'Union font face eux-aussi à des revendications de la part de communautés ou de régions aspirant à davantage d'autonomie, voire à une complète indépendance. Des élans séparatistes s'expriment en particulier en Catalogne (Espagne), en Ecosse (Grande-Bretagne) ou en Padanie (Italie). Un précédentL'espagnol Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, reconnaît suivre attentivement les événements politiques en Belgique. « Nous avons des problèmes chez nous avec des partis nationalistes forts qui se sont radicalisés au cours de ces dernières années, avec des programmes clairement séparatistes », explique l'élu du Partido popular. « La situation belge crée un précédent, et les partis nationalistes utilisent cet exemple dans les débats », remarque-t-il. En effet, l'eurodéputé du Parti libéral national catalan Ramon Tremosa établit « un parallèle entre la situation flamande et la situation catalane». « En 2007, les chrétiens-démocrates flamands avaient promis des réformes, mais les Wallons ont bloqué. Le vote qui s'est exprimé dimanche est plus radical. En 2006, il y a eu un nouveau statut d'autonomie pour la Catalogne qui a été bloqué. Il va y avoir une nouvelle élection au Parlement catalan en octobre et le vote pourrait lui aussi être plus radical... », prévient l'élu. François Alfonsi, eurodéputé du Parti de la nation corse, se félicite de la percée de la N-VA. Militant pour un « élargissement intérieur » en Europe, en parallèle de l'élargissement extérieur, il estime que « l'Europe des régions est la seule qui est viable », car jusqu'ici, « la superstructure des peuples était l'État. Maintenant, c'est l'Europe. » Pour le nationaliste corse, « la victoire de la N-VA, c'est un peu les travaux pratiques par rapport à une situation qui n'apporte pas de satisfaction aux gens. Regardez Chypre Nord qui ne fera jamais partie de Chypre, ou l'Ulster qui ne fera jamais partie de l'Irlande... Il va bien falloir qu'il se passe quelque chose. » L'Europe favorise le régionalisme mais les indépendantistes courent également le risque d'une position de hors-jeu vis-à-vis de l'Union européenne. « Si une petite partie de pays se sépare, elle perd la condition d'État membre  », indique Alejo Vidal-Quadras. « Et pour être reconnu comme État-membre il faut l'unanimité des autres États. » n

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