Embellie sur l'euro mais tension persistante sur les taux

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L'euro a bénéficié d'un regain de confiance des acteurs du marché des changes dans la détermination de l'Europe à faire face à la crise de la dette publique déclenchée par la Grèce. Et la monnaie unique commence à bénéficier des mécanismes de surveillance, menant à terme à un gouvernement économique, dont la zone euro s'est dotée. Mais si l'on a assisté à une embellie sur la monnaie unique, elle ne s'est pas généralisée aux autres fronts victimes de défiance, à savoir les marchés interbancaire et obligataire. Après avoir chuté jusqu'à 1,1875 dollar le 7 juin - un point bas de quatre ans -, au plus fort des turbulences, ce qui avait porté à 27 % sa dévalorisation depuis fin novembre, l'euro a rebondi jusqu'à 1,2295 lundi, dans l'attente du Conseil européen de jeudi, qui suscite l'espoir d'avancées dans le processus trop longtemps différé de la construction européenne. En revanche, une nouvelle fois lundi, en dépit d'une accalmie en fin de semaine dernière, les dépôts à 24 heures des banques implantées dans la zone euro auprès de la Banque centrale européenne ont atteint le montant record de 384,26 milliards d'euros, les institutions financières continuant à se soupçonner les unes les autres d'être exposées à des actifs « toxiques » émanant des mauvais élèves de l'Europe et refusant de se prêter entre elles, quitte à ne tirer qu'une rémunération lilliputienne du gel de leurs liquidités. Sur le marché obligataire, l'ébauche d'un plan d'austérité dévoilée pendant le week-end par François Fillon n'a pas convaincu les opérateurs. La preuve en est le maintien d'une susbtantielle prime de risque sur les emprunts d'Etat français par rapport à leurs homologues allemands qui font référence dans la zone euro.Production industrielleLa tension observée sur les rendements allemands à dix ans à l'annonce d'une hausse plus importante qu'anticipé de 0,8 % de la production industrielle des Seize, a été intégralement répercutée sur les taux français de même échéance. De sorte que le « spread » - l'écart entre bunds allemands et OAT françaises - s'est maintenu à un niveau critique de 55 points de base. Même si la France continue d'emprunter à des niveaux historiquement bas, ce clignotant, allumé au rouge depuis plus d'une semaine, révèle, s'il est était besoin, que la crise n'est pas terminée. D'autant que l'agence Moody's a encore réduit d'un cran lundi la note de la dette grecque. Isabelle Croizard

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