Les projets d'offres fixe-mobile d'Orange sous surveillance

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C'est un « oui » assorti de sérieuses conditions. L'Autorité de la concurrence considère qu'Orange, le premier opérateur télécoms du pays, peut, comme SFR et Bouygues Telecom, utiliser et croiser les données commerciales de ses bases de clients dans la téléphonie mobile et l'Internet. À l'heure où Bouygues vient de passer le cap des 500.000 abonnés dans le haut débit grâce à son offre « quadruple play » Ideo (Internet-TV-téléphone avec la Box associé à un forfait mobile avantageux), l'opérateur historique, en perte de vitesse dans le fixe, se plaignait de souffrir d'un « handicap concurrentiel » sans cette arme commerciale. Mais pour les sages de la rue de l'Échelle, qui ne sont pas contre les pratiques de « cross-selling » en tant que telles, le problème est ailleurs. Dans leur avis publié lundi, ils mettent en garde contre les risques que posent ces pratiques si elles conduisent à une généralisation des offres « tout en un » fixe-mobile : renchérissement des coûts de changement d'opérateur pour le consommateur, verrouillage non plus seulement des clients mais des foyers entiers et distorsion de concurrence dans le mobile au détriment du futur quatrième opérateur, Free Mobile. Fidèlité « enfin » reconnueL'Autorité de la concurrence minimise l'impact du croisement de fichiers, estimant que « l'attractivité tarifaire des offres couplées produit des effets plus significatifs. » SFR soutient que moins de 10 % de ses ventes brutes d'ADSL sont liées au croisement de bases. Orange peut donc y recourir sans risque d'effet d'éviction. France Télécome;lécom « accède enfin au droit de placer ses clients au centre de ses activités et de reconnaitre leur fidélit頻 se réjouit l'opérateur. En revanche, « la mise sur le marché d'offres de convergence par Orange présente des risques pour la concurrence » et « mérite une attention au cas par cas » selon l'Autorité. Sa crainte : que ces offres deviennent, avec l'arrivée du principal opérateur, « la norme du marché. » L'avis se fait écho du « risque de propagation du manque de fluidité du marché mobile aux autres marchés » soulevé par le gendarme des télécoms, l'Arcep, et celui de « verrouillage des clients chez un opérateur unique » redouté par l'association UFC-Que choisir. La généralisation de ces offres est surtout une menace pour Free, encore absent du mobile. Le fournisseur d'accès à Internet « peut subir en 18 mois des pertes de parts de marché importantes », ce qui obérerait ses capacités d'investissement dans son futur réseau mobile et les économies d'échelle pour le rentabiliser. Le risque d'éviction de Free Mobile serait atténué si l'opérateur « bénéficie rapidement d'un accord d'itinérance 3G » lui permettant proposer des offres d'Internet mobile attractives.France Télécome;lécom compte-t-il apaiser les craintes de l'Autorité en proposant un tel accord à Free ? Peut-être. Toujours est-il que l'opérateur ne semble pas dissuadé par cet avis : il a annoncé lundi soir qu'il lancera « une gamme de cinq offres ?quadruple-play? cet été, le 19 août. »

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