Les experts sont unanimes : quand les femmes sont en bonne s...

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Les experts sont unanimes : quand les femmes sont en bonne santé, les familles le sont aussi et l'économie elle-même se porte bien. Or les femmes sont les plus exposées en général, et encore plus en cas de conflits, de crises ou d'épidémies. Parmi les priorités, la lutte contre le sida. Celles qui luttent pour la santéSon père, à la tête d'une usine d'armement, l'aurait bien vue ingénieur, experte en missiles balistiques. Puis, l'Union soviétique a explosé, Leonid Kuchma est devenu président, et sa fille, Elena, a trouvé une autre cible. Alors que la jeunesse s'intéressait avant tout au capitalisme et aux métiers de la banque, Elena s'en lasse vite. Elle veut quelque chose de plus constructif. «?C'était une question de maturité personnelle, je voulais rendre quelque chose à la société, qui m'a beaucoup donné?», dit-elle. Elena s'intéresse aux plus vulnérables, aux orphelins, aux personnes âgées... Puis elle se penche sur le sida. Mais «?c'était considéré comme le problème des prostituées et des drogués - et j'avais mes propres tabous?», sourit-elle. Ils étaient nombreux dans la société post-soviétique ukrainienne... Or «?le problème allait bien au-delà de ces groupes à risques?», dit-elle. Et personne ne voulait en parler. Pourtant, il faisait - et fait encore - des ravages dans ce pays, situé sur la route du trafic de drogue entre l'Asie et l'Europe de l'Ouest. Environ 1,5?% de la population est infectée par le virus (le taux le plus élevé d'Europe). Et seul un séropositif sur quatre est au courant de sa contamination.Elena se jette donc dans la bataille, avec ce qu'elle a appris dans les affaires. «?Nous avons lancé la première campagne médiatique contre le sida dans le pays, pour que les Ukrainiens prennent conscience du danger, qui peut toucher tout le monde?», raconte-t-elle. La fondation, baptisée Antiaids, qu'elle a lancée en 2003 avec l'argent familial - Elena est à la tête du plus grand groupe de médias du pays et elle est mariée avec Victor Pinchuk, l'un des hommes d'affaires les plus riches de l'Ukraine - a investi près de 60?millions de dollars pour lutter contre l'épidémie. Au-delà des campagnes publicitaires, en direction des jeunes en particulier, la fondation aide aussi les hôpitaux, les orphelinats et les séropositifs. Dans le cadre d'une initiative commune avec la fondation Clinton, elle a réussi à élargir l'accès aux traitements pour les Ukrainiens. «?Grâce à nos efforts conjoints, nous avons pu rendre les traitements antirétroviraux cinq fois moins chers?», se félicite-t-elle. Toujours avec la fondation Clinton, Antiaids substitue de la méthadone à la «?drogue de la rue?». Et à l'image de ce que fait son ami Elton John, qui a donné en 2007 un concert mémorable sur la place centrale de Kiev, afin, là aussi, de sensibiliser la population face au sida, la fondation Antiaids organise des dîners de charité pour lever des fonds supplémentaires. Elena n'hésite pas à copier des recettes qui marchent. Et surtout, elle vérifie, comme pour n'importe quelle action commerciale, les résultats de ses initiatives. «?Aujourd'hui, si l'infection progresse encore, le taux a baissé, passant de 15?% par an à une augmentation de 5% seulement », dit-elle. Et elle est bien décidée à continuer. L. J. B.Faire tomber le tabou du VIHElena Franchuk a lancé Antiaids, sa fondation contre le sida en 2003. Grâce à son efficacité, le fléau, qui ravage l'Ukraine, a quelque peu reculé.

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