Lisbonne doit se concilier l'opposition pour l'adoption d'un budget de rigueur

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Le gouvernement socialiste portugais affronte à partir de ce vendredi une épreuve vitale. La présentation de son projet de budget 2011 au Parlement est frappé d'une double gageure : d'impopulaires mesures de rigueur et l'absence de majorité absolue. Pour peser dans la balance, le Premier ministre José Socrates a annoncé qu'il démissionnerait en cas de rejet du texte. Pour son adoption, le gouvernement doit composer avec le principal parti d'opposition, le Parti social-démocrate (PSD) de centre droit, pour qu'il s'abstienne. Or parmi les mesures révélées par la presse lisboète, outre une baisse de 5% des salaires des fonctionnaires et une diminution des avantages fiscaux et sociaux, il y a une hausse de la TVA, passant de 21% à 23%, que rejette catégoriquement le PSD, qui temporise pour arrêter sa position définitive.En revanche, le monde financier portugais plaide pour une adoption rapide, condition nécessaire pour accélérer la sortie de crise. «Nous faisons confiance aux hommes politiques de notre pays pour trouver une plate-forme d'accord», indiquait jeudi le président de la banque BES, Ricardo Salgado, après avoir rencontré avec les responsables de trois autres principales banques portugaises le leader du PSD, Pedro Passos Coelho.Le prochain testLa marge de manoeuvre de Lisbonne est d'autant plus étroite qu'il subit les pressions des marchés financiers, qui exigent des taux records, plus de 6,3 %, pour acheter de la dette portugaise. Le prochain test tombe le 20 octobre, où il prévoit de lever 750 millions d'euros. L'objectif est de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB en 2011, après 7,3 % prévu cette année et 9,3 % en 2009, alors que le poids de la dette publique devrait représenter 85,9 % du PIB en 2011. Comme en Grèce et en Irlande, les mesures d'austérité vont peser sur la croissance. Si le gouvernement prévoit 1% cette année, il ne table plus que sur 0,5 % en 2011, ce qui laisse dubitatifs nombre d'experts qui anticipent une récession. Le gouvernement va devoir aussi affronter le mécontentement de la population, alors que le chômage atteint déjà 10,6 %. Les syndicats ont appelé à une grève générale le 24 novembre, ce sera un autre test pour José Socrates, s'il a vu son budget adopté en première lecture, le 29 octobre.Robert Jule

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