« Faire des études supérieures est un challenge »

« Je suis malvoyant à 98 % depuis l'âge de 10 ans, j'ai fait toute ma scolarité dans des établissements spécialisés. Après l'obtention de mon Bac littéraire, j'ai choisi une licence en langues étrangères appliquées (LEA) anglais-allemand. Faire des études supérieures est un challenge car le monde spécialisé est un cocon qui ne prépare pas au monde réel. À la fac, on dépend des secrétaires de lecture, de la solidarité des autres étudiants et des professeurs. Il y a sans cesse des obstacles : lire le tableau, manger à la cantine, se déplacer. C'est pour cela que beaucoup de handicapés échouent et abandonnent après le Bac. Après ma licence, j'avais envie de travailler. J'ai fait de la téléprospection mais l'entreprise n'a pas voulu adapter mon poste, je suis donc parti au bout de deux mois. J'ai connu beaucoup de périodes de recherche d'emploi dans ma vie. J'ai postulé dans des entreprises qui m'ont dit carrément qu'elles ne voulaient pas employer de handicapés. Comme je vivais correctement avec l'AAH (allocation adulte handicapé) et l'ACTP (allocation compensatrice de tierce personne), je me suis consacré pendant trois ans au bénévolat. J'ai créé avec des amis un club de basket et de showdown [sorte de tennis de table, Ndlr] pour déficients visuels. Puis j'ai été standardiste pour remplacer un congé maternité. Puis, retour à la case chômage. Enfin, j'ai atterri dans un Cap emploi, où j'étais chargé de l'opération « quota zéro », qui consiste à essayer de convaincre les entreprises qui n'emploient aucun travailleur handicapé de respecter la loi d'obligation de 2005. Je gérais un portefeuille de 800-900 entreprises. Cette expérience m'a permis de me constituer un réseau formidable, qui m'est très utile dans mes fonctions de chargé de mission handicap chez HR Access, ce prestataire de services dans les ressources humaines chez qui je suis en CDI depuis sept mois. Par ailleurs, je vais débuter en tant que téléprospecteur. Mon handicap m'a permis de développer certaines qualités comme l'empathie, l'écoute des autres et l'intuition, ce qui fait de moi un bon vendeur. Aujourd'hui, je me sens parfaitement intégré et épanoui dans mon travail. Je veux véhiculer une image forte pour montrer qu'une personne handicapée peut réussir. »

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