Le marché obligataire secondaire en quête de transparence

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obligations d'entrepriseRéformer le fonctionnement du marché secondaire des obligations d'entreprises : réunie la semaine dernière à Paris à l'occasion des premières rencontres des professionnels des marchés de la dette et du change, une table ronde avait pour mission d'offrir des pistes de réflexion pour améliorer la liquidité et la transparence qui ont cruellement fait défaut à ce marché cette année.Alors que 2009 a été un millésime record sur le marché primaire obligataire, les entreprises ayant été promptes à profiter de la réouverture des émissions à des conditions financières normalisées, il n'en a pas été de même pour le marché secondaire, celui de « l'occasion ». « On n'a toujours pas retrouvé les conditions de marché prévalant en 2006 », explique Étienne Stofer, directeur de la Caisse de retraite du personnel navigant. Pour lui, cette activité primaire record « n'a pas été un facteur d'animation du marché secondaire », qui « a montré l'année dernière son manque de transparence ».L'essentiel des placements auprès des investisseurs s'effectue en effet aujourd'hui à l'émission, par l'intermédiaire des banques originatrices. Les acquéreurs, souvent de gros investisseurs institutionnels (assureurs, caisses de retraite), conservent généralement les titres jusqu'à l'échéance au détriment de plus petits investisseurs comme les sociétés de gestion et les particuliers. Les achats et les ventes de titres en cours de vie passent également par les banques ou par des courtiers, qui s'échangent alors les titres par « paquets » de gré à gré, en dehors de toute structure organisée.ne pas jeter l'anathèmePour effectuer un placement, un investisseur fait alors « son march頻 en contactant plusieurs intervenants pour obtenir des fourchettes de prix composées d'une cote « acheteuse » et d'une cote « vendeuse ». « Quel est le bon prix ? C'est un marché opaque sur lequel il est difficile de faire ses courses, car on n'a pas de statistiques diffusées correctement », argumente Hervé Goigoux-Becker, directeur des gestions de taux chez OFI Management. « Il ne s'agit pas de jeter l'anathème sur les banques et les courtiers, qui fournissent un vrai service. Mais ce serait un vrai progrès s'il y avait une possibilité de rencontre de l'offre et de la demande », ajoute-t-il. L'idée de créer une ou plusieurs plates-formes permettant une centralisation des carnets d'ordres et d'afficher un prix de marché, à l'instar de ce qui se fait sur les marchés actions, fait donc son chemin. Des discussions sont d'ailleurs en cours sur la place de Paris et devraient aboutir dans les mois qui viennent à la présentation de propositions à la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, selon une source proche du dossier.Julien Beauvieux

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