L'Allemagne va rapatrier son or

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Après le Venezuela, l’Allemagne ? Suite au débat lancé en octobre dernier sur l’état réel des réserves d’or allemandes à l’étranger, la Bundesbank s’apprête ce mercredi le rapatriement d’une partie de celles-ci, avance la Handelsblatt. Contactée, la Bundesbank n’a pas voulu commenter l’information en précisant qu’une conférence de presse sur le sujet était toutefois prévue ce mercredi en fin de matinée. Aujourd’hui, l’Allemagne détient le deuxième stock d’or au monde, derrière les Etats-Unis, pour une valeur de 130 milliards d’euros. Pour des raisons de sécurité liées à la guerre froide et suite à ses excédents commerciaux dans de nombreux pays, 45% du stock d’or allemand est gardé à New-York, 13% à Londres, 11% à Paris et seulement 31% à Francfort. A priori, une partie du stock américain et l’intégralité des lingots gardés à la Banque de France devraient être rapatriés dans les mois qui viennent. Un problème de confiance ? Non, répète la Buba. « Je suis tout à fait sûr que nous pouvons réclamer à tout moment notre or auprès des banques centrales concernées. Nos droits ne sont pas soumis à la moindre restriction » expliquait fin octobre Carl-Ludwig Thiele, membre du conseil de la Buba. La décision vient officiellement de la Cour des comptes allemande qui a demandé dans son dernier rapport à la banque fédérale de mettre au point un nouveau système de stockage et d’inventaire de son or.Une opération politiquePour Paris, l’explication est la suivante : la France faisant partie de la zone euro, il est inutile d’y garder de l’or, qui pourra à contrario permettre de soutenir une devise comme la livre sterling à Londres ou le dollar à New-York en cas de crise monétaire. « Si on veut être positif, cela peut traduire une marque de confiance dans la monnaie unique, puisqu’on exclue l’éventualité du retour au franc » explique Ferdinand Fichter, économiste à l’institut berlinois DIW. Mais alors pourquoi rapatrier l’or des Etats-Unis, et pourquoi cette opération intervient-elle maintenant, treize années après la création de la zone euro ? « La question mérite d’être posée. Je ne pense pas qu’il s’agit d’un choix économique mais plus d’une question d’organisation doublée d’une décision politique, destinée à satisfaire l’opinion publique » conclue l’économiste. Au mois d’octobre, l’émoi avait été grand dans l’opinion publique et sur les réseaux sociaux. Deux députés conservateurs avaient même exigé de vérifier eux-mêmes les stocks d’or à l’étranger, sans succès. 

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