La vérité des prix

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Les Français qui font, en ce moment, le plein de leur voiture, vont encore pouvoir médire contre les « faux » chiffres donnés par les autorités. Le super sans plomb n'a jamais été aussi cher et le gazole le suit de près. Pourtant, l'Insee affirme que l'inflation reste contenue en France. Et ce ne sont pas les hausses attendues dans les prochaines semaines dans les rayons alimentation des magasins qui vont calmer les mécontentements consuméristes. Les professionnels de la grogne ressortiront des tiroirs les discours lors du passage à l'euro : officiellement, le changement de monnaie devait être sans conséquence sur les étiquettes, mais les Français ont tout de même eu la forte impression de les voir s'envoler dans bien des commerces. Quant au président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, qui s'apprête à remonter les taux d'intérêt de la BCE en raison de la hausse des prix en Europe, il va encore entendre parler du pays... dans le sien. Et pourtant, s'il y a une mauvaise nouvelle dans ces chiffres contenus de l'inflation, c'est au contraire qu'ils témoignent de la difficulté des entreprises à relever leurs prix, alors que leurs coûts croissent significativement, notamment en raison de l'inflation des matières premières. Le fameux « pricing power », qui permet à un Michelin ou à un Vuitton d'augmenter ses prix, qui de son pneu, qui de son sac, pour maintenir ses profits, est très loin d'être général. Confrontées à cette hausse des coûts, la plupart des PME - mais aussi de grands groupes - n'ont comme solution, face à la concurrence, que de rogner leurs marges. Ce n'est bon ni pour l'investissement, ni pour l'emploi, ni pour les salaires. oprovost@latribune.f

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