La Russie va fournir une centrale nucléaire à l'Argentine
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La Russie avance ses pions en Amérique du Sud. Après avoir vendu des armes au Venezuela, elle entend fournir des centrales nucléaires à l'Argentine. Jeudi, Dmitri Medvedev, premier président russe à être reçu à Buenos Aires en 125 ans de relations bilatérales, a fait une offre alléchante à son homologue Cristina Fernández de Kirchner : construire une centrale de troisième génération avec une participation locale de 50 %. Le projet, confié à la firme publique Rosatom, dont le président Sergei Kirienko, entre autres dirigeants d'entreprises russes, accompagnait Medvedev, représente un investissement de 3 milliards de dollars. L'accord signé par les deux chefs d'État laisserait sur la touche Américains, Allemands et Français, également sur les rangs pour accompagner l'Argentine dans la relance de son programme nucléaire, qui vise à porter la part de cette énergie à 25 % du total, contre 9 % aujourd'hui. Une coopération militaire est également envisagée, l'Argentine étant notamment intéressée par des navires et des hélicoptères russes pour les liaisons avec ses bases antarctiques. Enfin, répondant à une préoccupation de leurs interlocuteurs, les autorités argentines se sont engagées à ce qu'il n'y ait plus de ruptures dans les exportations de viande bovine vers leur premier client mondial. En 2008 et 2009, en raison de conflits entre le gouvernement et les éleveurs, les envois ont été suspendus pendant plusieurs mois, obligeant la Russie à se tourner en catastrophe vers d'autres fournisseurs.Association stratégiqueLes relations entre les deux pays sont entrées dans une nouvelle phase avec la signature d'un accord d'association stratégique en décembre 2008, à l'occasion d'une visite de Cristina Fernández de Kirchner à Moscou. Le choix de la Russie pour la construction de la quatrième centrale nucléaire argentine témoigne de la volonté de passer à la vitesse supérieure. Le président russe, qui était attendu ce jeudi à Brasilia pour participer au deuxième sommet des grandes économies émergentes, devait profiter de cette occasion pour réaffirmer son souhait de développer les échanges commerciaux avec les autres «Bric».Jean-Louis Buchet, à Buenos Aire
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