L'épée de Damoclès allemande suspendue sur Athènes

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L'Allemagne peut-elle encore être un frein au versement de l'aide à la Grèce ? Ce week-end, le gouvernement fédéral a accepté le plan de soutien européen à Athènes et la réaction lundi matin en Allemagne était plutôt modérée. Mais au cours de la semaine, le ton est monté. Mardi, les Libéraux du FDP, les partenaires de coalition d'Angela Merkel, qui venaient d'abandonner une partie de leurs promesses de baisses d'impôts au nom de la stabilité budgétaire, ont critiqué le plan européen. On « ne résoudra pas le problème économique de la Grèce par des crédits bonifiés », a estimé le député FDP Frank Schäffler. Mercredi, la mauvaise humeur s'est encore accentuée à propos de l'ampleur du montant que devra débourser l'Allemagne. Les 8,4 milliards d'euros évoqués pour 2010 devront-ils être déboursés jusqu'à 2012 ? Pour calmer le jeuSelon le quotidien « Handelsblatt », les membres de la commission des Finances étaient en rage de ne pas avoir été informés en détail de ce plan ainsi que du flou qui l'entoure. Parallèlement, l'opposition, jusqu'ici très discrète, passait aussi à l'offensive. Pour calmer le jeu, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, a annoncé que le Bundestag aurait à se prononcer sur cette aide. Une procédure qui permettrait de ressouder les rangs au sein de la coalition, mais qui pourrait être un moment délicat compte tenu des tensions au sein de la coalition. L'appel au parlement n'était pourtant pas nécessaire. Il semble acquis que Berlin ne versera pas d'argent à Athènes, mais passera par la banque publique KfW qui, elle-même, se refinancera, selon la méthode courante, avec une garantie fédérale, sur les marchés. Mais Angela Merkel ne veut prendre aucun risque, notamment vis-à-vis du tribunal constitutionnel de Karlsruhe. Car ce dernier sera saisi, a prévenu mercredi l'économiste Joachim Starbatty pour qui l'aide à la Grèce s'oppose aux traités européens et s'apparente à une subvention interdite. S'il est peu probable que ce recours empêche le versement des fonds, que se passera-t-il si Karlsruhe donne raison aux plaignants ? Berlin a sans doute examiné cette hypothèse, mais il convient de rester prudent. Depuis deux ans, plusieurs lois fédérales ont été censurées par la cour constitutionnelle. D'où la nervosité des marchés. Romaric Godin, à Francfort

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