Espagne : le gouvernement Rajoy dans la tourmente

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Après le Portugal, la Grèce et l’Italie, l’Espagne est, à son tour, rattrapée par la crise politique. Comme en Italie, ce n’est cependant pas la politique d’austérité elle-même qui est à l’origine de la crise, mais un scandale politico-financier. Sauf qu’une telle crise pourrait avoir un impact important dans un pays où la politique de dévaluation interne bénéficiait du soutien de la majorité absolue des députés aux Cortès.L’opposition veut une démission de RajoyDimanche, le leader du parti socialiste espagnol (PSOE), Alfredo Rubalcaba, a réclamé la démission du président du gouvernement, Mariano Rajoy et a annoncé « rompre toute relation » avec lui. Ce lundi matin, la vice-secrétaire générale du PSOE, Elena Valenciano, a indiqué que son parti « allait travailler avec tous les groupes politiques pour obtenir la démission » du chef du gouvernement. Cette offensive est la conséquence de l’affaire de financement occulte du parti populaire, le parti au pouvoir.Des SMS entre Rajoy et BarcenasLuis Barcenas est l’ancien trésorier du PP. Il est en prison depuis le 27 juin, sous l’accusation de détournement de fonds. Il aurait établi une comptabilité parallèle. Jusqu’ici, Mariano Rajoy avait nié tout contact avec Luis Barcenas après son départ du PP en 2009. Mais le quotidien El Mundo a publié dimanche plusieurs SMS prouvant que le chef du gouvernement et l’ancien trésorier ont été en contacts directs jusqu’en mars 2013. Selon El Mundo, Mariano Rajoy aurait même demandé à Luis Barcenas de nier la comptabilité parallèle. Lundi, Luis Barcenas a, devant le juge, reconnu que la direction du parti avait touché des fonds de sa comptabilité occulte. Les soupçons sont donc de plus en plus élevés autour du président du gouvernement.Les options en cas de chute de RajoyL’opposition, elle, est donc partie à l’offensive. De son côté, la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, a affirmé que Mariano Rajoy bénéficiait de l’appui de toute son équipe et que le « gouvernement est stable. » Mais si Luis Barcenas décide de parler et d’attaquer directement Mariano Rajoy, ce dernier aura bien du mal à se maintenir au palais de la Moncloa. Deux options seront alors possibles : le PP, majoritaire aux Cortès, peut élire un nouveau président du gouvernement issu de ses rangs. Les Européens seront ravis, car la politique actuelle sera confirmée, mais la situation du nouvel exécutif sera précaire. Deuxième option : de nouvelles élections peuvent être convoquées. Dans ce cas, la situation deviendra très complexe.Difficile de trouver une nouvelle majoritéLes dernières enquêtes d’opinion placent encore le PP en tête, avec 31 % des intentions de vote, juste devant le PSOE (27 %), mais le parti au pouvoir accuse un recul de 14 points par rapport au scrutin de 2011, tandis que les socialistes se stabilisent. Parallèlement, la gauche communiste (IU) gagne près de 7 points à 13,6 % et la droite centralisatrice de UPyD progresse de 3,2 points à 8 %. Du coup, trouver une majorité relèvera de la gageure. Et la politique économique espagnole, ainsi que la confiance des marchés, devrait en subir les conséquences.Une précaire stabilisationMalgré quelques signes de stabilisation, que ce soit dans les chiffres de l’emploi ou dans la production industrielle, l’économie espagnole est encore fortement touchée par les mesures d’ajustement. Si son secteur financier semble renfloué grâce aux 40 milliards d’euros apportés par le FESF, les conséquences de l’éclatement de la bulle immobilière demeurent incertaines sur le bilan des banques du pays. Toute perte de confiance sur les marchés poserait à l’Etat et aux banques espagnoles des problèmes de financement. Et le spectre de la contagion pourrait à nouveau surgir. 

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