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La Bavière, fief de la CSU et fière de sa particularité, vote déjà ce dimanche

La Tribune

Publié le 15 septembre 2013 à 21:05 - Mis à jour le 15 septembre 2013 à 21:05

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05 juin 2026

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C\'est une des particularités des lois électorales allemandes. Une semaine avant le scrutin fédéral, un peu moins d\'un électeur sur six vont, dès ce dimanche 15 septembre, se rendre aux urnes. Les Bavarois renouvellent en effet leur parlement régional, le Landtag.Un Land pas comme les autresAvant d\'analyser ou de projeter les résultats de ce Land de 12 millions d\'habitants, le deuxième plus peuplé du pays, il faut tout d\'abord s\'arrêter sur sa particularité. La Bavière est un monde à part en Allemagne. Ce n\'est d\'ailleurs pas officiellement un Land, mais un « Etat libre » (Freistaat) : seule la Saxe a le même « privilège. » La Bavière est fière de son histoire, de sa monarchie et de ses particularismes, mais c\'est aussi un des moteurs de l\'économie allemande avec une capacité d\'innovation et un réseau de PME hors du commun. C\'est d\'ailleurs dans le sud de la Bavière, au cœur du pays « bleu et blanc » que le chômage est le plus faible en Allemagne.Un paysage politique particulierLes Bavarois n\'aiment pas à être confondus avec les « Prussiens » et plus généralement avec les autres Allemands. « L\'Etat libre » est le seul Etat fédéré en 1948 à avoir rejeté l\'actuelle constitution fédérale qui, néanmoins, sous la pression des alliés, s\'est imposée à tous les Länder. C\'est aussi pourquoi le paysage politique n\'est pas le même qu\'ailleurs en Allemagne. Là, la CDU d\'Angela Merkel ne présente aucun candidat et n\'est même pas présente. Elle cède sa place à un autre parti, l\'Union chrétienne-sociale (CSU).Un parti plus conservateur que la CDUCe parti est nettement plus conservateur sur le plan sociétal que la CDU, surtout celle « modernisée » par Angela Merkel. On y défend plus volontiers les femmes qui veulent rester à la maison, les conducteurs d\'automobile ou encore les « valeurs traditionnelles. » Sur le plan économique, la CSU est une sorte de CDU « renforcée » qui se veut parcimonieuse d\'argent publique, tout en développant une forme de « paternalisme » en direction de certaines catégories « ciblées. » Enfin, la CSU réclame, à la différence de la majorité de la CDU, une politique d\'intégration plus agressive.  Les querelles entre CSU et CDUSouvent, la CSU et la CDU se chamaillent. Horst Seehofer, l\'actuel ministre-président de Bavière et le chef de file de la CSU, s\'est fait une spécialité de ces prises de bec avec Angela Merkel. La CSU qui, au Bundestag, siège au sein du même groupe parlementaire que la CDU, est souvent tentée d\'afficher sa particularité et d\'imposer ses idées dans les choix gouvernementaux. C\'est souvent une stratégie payante car elle rappelle aux électeurs bavarois qu\'ils sont, seuls, directement représentés par une formation dédiée au sein du gouvernement bavarois.L\'allocation « made in Bavaria »Et Angela Merkel a dû plusieurs fois céder à leurs exigences pour les calmer, comme sur le cas du Betreuungsgeld, cette allocation de 100 euros qui est attribué chaque mois aux familles qui ne font pas appel aux services publics de garde pour les enfants de 2 et 3 ans et qui a été votée en 2012. Cette allocation était exigée par la CSU, Angela Merkel en a réduit l\'impact, mais elle coûte environ 1,2 milliard d\'euros aux Länder chaque année. Surtout, elle était en contradiction avec la volonté de la chancelière de favoriser les modes de garde collective pour faire revenir les femmes qui ont eu un enfant sur le marché du travail, une des clés de la lutte contre le manque de main d\'œuvre outre-Rhin.L\'omnipotence de la CSU en BavièreLa CSU ne fait qu\'un avec la Bavière. Traditionnellement, seules les deux grandes villes de Munich et Nuremberg peuvent afficher des majorités de gauche souvent assez minces et fragiles. De 1970 à 2003, la CSU a toujours eu la majorité absolue au Landtag. Mais en 2008, la domination du parti qui avait obtenu cinq ans plus tôt plus des deux tiers des sièges, s\'est effritée. Le départ en 2007 du chef charismatique du parti, Edmund Stoiber, ministre président de Bavière depuis 1993 et candidat malheureux (d\'un cheveu) à la chancellerie au niveau fédéral en 2002, a affaibli la formation. Une certaine lassitude aussi s\'est créée. Les Bavarois se sont tournés vers d\'autres partis, comme les Freie Wähler (les Electeurs Libres), une formation populiste, ou les Libéraux de la FDP. La CSU a alors affiché un score historiquement bas : 43,2 %, le plus mauvais depuis 1954. Un an plus tard, elle apportait lors des élections fédérales, sa plus faible contribution (avec 7,4 % des voix) depuis 1998.L\'échec de 2008Or, quand la CSU s\'enrhume, l\'ensemble de la droite allemande tousse. En 1998, la gauche était ainsi revenue au pouvoir. Et si la CDU est en forte hausse dans les sondages cette année, c\'est en grande partie parce que la CSU semble devoir reprendre son rang. Les sondages lui promettent un retour à la majorité absolue des sièges avec un score de 47 à 48 % des voix. Horst Seehofer est parvenu à dépasser les vives critiques qui l\'ont visé depuis 2008. Il a géré la Bavière en bon père de famille pour faire oublier quelques affaires (la quasi faillite de la banque régionale BayernLB et un scandale autour d\'un appartement de son fils). Il s\'est montré généreux sur le plan social et défenseur acharné des intérêts de la Bavière. Les ministres CSU à l\'Intérieur et à l\'Agriculture ont joué leur rôle d\'éléments conservateurs au sein du gouvernement, notamment sur la question de la sécurité.Une CSU plus forteLa CSU devrait donc le 22 septembre retrouver une position plus forte au sein du gouvernement fédéral de ces quatre prochaines années si Angela Merkel conserve sa place. Son influence devrait certes rester limitée, et la chancelière sait bien, par quelques concessions secondaires, obtenir la discipline du partenaire bavarois qui, lui non plus, ne serait en danger s\'il rompait avec la CDU. La CSU est ainsi très critique envers la politique européenne de la chancelière, ses leaders ne se gênent pas pour fustiger les « mauvais élèves » de l\'Europe (à commencer par la France) comme ils se lamentent de devoir « payer pour les autres en Allemagne » (la Bavière est, avec le Bade Wurtemberg et la Hesse, un des trois Länder à reverser des recettes fiscales aux autres). Mais les dissidents anti-euro ne sont pas plus nombreux à la CSU qu\'à la CDU ou à la FDP. La Bavière est un des Länder les plus exportateurs d\'Allemagne. Elle profite à plein de l\'union monétaire et de la mondialisation. Et elle ne veut pas sacrifier ce bien-être. Pas même à son conservatisme.

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