L'éditorial de Pierre-Angel Gay

Il est des coups de gueule bienvenus. Celui poussé mercredi par le sénateur Philippe Marini est de ceux-là. Le rapporteur général de la commission des Finances s'est indigné que 4,2 milliards d'euros destinés au financement des PME restent inemployés. Selon la loi de modernisation de l'économie de 2008, les fonds collectés sur les livrets réglementés (livrets A et LDD) et conservés par les banques (le reste va à la Caisse des dépôts) doivent être affectés aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu'aux travaux d'économie d'énergie. En 2009, les banques ont reçu, d'un côté, 12,4 milliards et n'en ont prêté, de l'autre, que 7,6. Comme le dit le sénateur Marini, le compte n'y est pas ! Et de menacer les établissements financiers et Bercy du vote d'un amendement contraignant. Son coup de semonce est d'autant plus justifié que la fragilité des PME françaises est au coeur des maux de notre économie, qu'il s'agisse de la faiblesse des exportations ou du sous-emploi chronique... On ne peut pas, d'un côté, ?se féliciter que le réaménagement de l'ISF oriente chaque année près de 1 milliard d'euros supplémentaires vers les fonds propres des PME, comme le faisait mercredi Christine Lagarde dans « Le Figaro », et de l'autre, ne pas s'assurer que les textes adoptés en faveur de ces mêmes entreprises sont bien appliqués. Pas à pas, de l'avenir de la banque publique Oséo à la surveillance d'Alternext, le Sénat est en train d'instaurer un droit de suite sur des textes financiers, abscons et compliqués, dont l'application était regardée avec « un peu de distance », selon l'expression du sénateur Jean Arthuis. Comment ne pas s'en féliciter ! [email protected]

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