La stratégie de Nicolas Sarkozy s'oppose au centrisme de Merkel

Longtemps les observateurs allemands se sont étonnés ? et inquiétés - des bons scores électoraux d'un parti d'extrême droite protestataire en France, le Front National.Outre-Rhin ce type de courant s'exprimait au pire dans les quelques rares percées sans lendemain de partis d'extrême droite lors d'élections régionales, à l'instar des Republikaner ou du NPD. Au mieux, pour la démocratie ouest-allemande, de telles tendances ultraconservatrices et parfois hostiles à l'immigration s'exprimaient par le soutien électoral accordé à la CSU, les chrétiens sociaux bavarois de Franz-Josef Strauss, et à l'aile droite de son parti frère, le parti chrétien-démocrate CDU. La droite allemande s'était du coup félicitée que Nicolas Sarkozy et son parti, l'UMP, aient réussi en 2007 à réduire à peu de choses le parti de Jean-Marie Le Pen. Elle reconnaissait d'une certaine façon que le président français avait suivi sa recette pour englober dans son électorat les thèmes ultraconservateurs de défiance envers l'immigration et une certaine perte de l'identité nationale.Mais, avec l'avènement d'Angela Merkel à la Chancellerie, les beaux jours des ultraconservateurs au sein de la CDU sont du passé. La chancelière a plutôt un profil de centre-droit et a surtout pêché, lors des dernières élections législatives, il y a un an, dans l'électorat de ses partenaires de la grande coalition, les sociaux-démocrates. La récente sortie de la scène politique du conservateur ministre président de Hesse, Roland Koch, est considérée comme un signe de lassitude de l'aile droite de la CDU envers une chancelière centriste. Il y a quelques années, Koch avait évincé le SPD à la tête de son Land en menant une violente campagne contre la double nationalité pour les enfants d'immigrés nés en Allemagne. Avec les scores très bas atteints par la CDU dans les sondages, refait surface l'idée de s'adresser aux électeurs allemands très conservateurs, qui, s'ils étaient français, ne trouveraient rien à redire à la campagne anti-roms de Nicolas Sarkozy. On évoque même la création d'un parti à la droite de la CDU-CSU.Les autres droites européennes, des Pays-Bas à l'Italie, font déjà l'expérience douloureuse de voir émerger à leur droite des partis contestataires, tels celui de Geert Wilders en Hollande ou la Ligue du Nord en Italie. Ce sont justement ces nouveaux mouvements politiques qui soutiennent la dureté de la position française face aux Roms. Le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, a même promis d'être plus vigoureux encore que Paris face aux Roms. Une stratégie qui paie électoralement puisque la Ligue est promise à un bon score si des élections anticipées se tenaient en Italie. Frank Paul Webe

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