Shanghai : un palmarès critiqué mais redouté

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Le classement de Shanghai fait désormais autorité dans un monde concurrentiel friand de palmarès. Pourtant, il a au départ été conçu avec trois bouts de ficelle par deux chercheurs de l'université de Jiao Tong, dont un professeur de chimie, Nian Cai Lu, à la demande de son président dans le seul but de comparer les universités chinoises avec les meilleures mondiales. En juin 2003, est publié le premier classement. Le peu de moyens dont disposent les deux universitaires, qui se contentent des données récoltées sur les sites Internet des établissements (nombre de prix Nobel, nombre de citations et de publications des chercheurs...), conduit à un résultat lisible. Et paradoxalement, c'est ce qui fera immédiatement son succès. « C'était le premier classement simple à comprendre », convient un bon connaisseur du secteur.Pourtant, le classement reste très limité. « Ils utilisent des méthodes quantitatives avec des éléments basiques, mais n'ont pas la capacité de connaître et d'analyser les évolutions en cours et les politiques qui se construisent dans les pays », regrette-t-on à Paris au ministère de l'Enseignement supérieur. La qualité de l'enseignement et les budgets des universités ne sont, par exemple, pas pris en compte, ce qui favorise les grosses universités de recherche, notamment en sciences dures. Seules les publications en langue anglaise sont répertoriées. de nouveaux critèresPour répondre aux critiques, les auteurs chinois du classement ont introduit la notion de champs disciplinaires en 2007 puis ajouté des palmarès par sujets (chimie, mathématiques, etc.). Ils envisagent aussi de prendre en compte de nouveaux critères (taille, budget, etc.). « Ils sont conscients des limites de leur propre classement », estime l'entourage de Valérie Pécresse. Les inventeurs du classement de Shanghai ont aussi conscience que la position des universités chinoises (situées au même rang que la France) ne satisferait pas entièrement les autorités de Pékin... C. J.

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