Retraite : la réforme se joue au Sénat... et dans la rue

Le projet de loi réformant les retraites était à peine adopté mercredi à l'Assemblée nationale que déjà tous les regards se tournaient vers la prochaine étape. Le gouvernement, l'opposition et les syndicats sont, en effet, engagés dans une course de vitesse aux objectifs contradictoires. Le premier, qui ne veut pas prendre le risque de voir le mécontentement s'accroître, entend boucler l'examen du texte au Parlement fin octobre-début novembre, quand les seconds espèrent gagner du temps pour obtenir de nouvelles concessions de l'exécutif. un climat survoltéConséquence, le débat à l'Assemblée nationale s'est terminé mercredi dans un climat survolté. Pour que le vote solennel puisse se tenir comme prévu à 15 heures, Bernard Accoyer, le président (UMP) de l'Assemblée nationale a, en effet, décidé d'interrompre les explications de vote déposées par de nombreux députés socialistes qui avaient tenté de jouer les prolongations par ce biais. Au final, le projet, qui prévoit notamment de reculer l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, a été adopté par 329 voix contre 233. Au même moment, l'Elysée préparait déjà l'échéance suivante. Soucieux d'éviter un coup d'éclat de la majorité à la Haute Assemblée qui examinera le texte dans les prochains jours, Nicolas Sarkozy s'est employé à donner des gages aux sénateurs UMP qu'il recevait à déjeuner. Le chef de l'Etat a promis qu'il restait à la Haute Assemblée un peu de « marges », notamment sur la pénibilité, pour amender le texte issu de l'Assemblée. Pas question pour autant de tout bouleverser : « Il a parfaitement attiré notre attention sur le fait qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi, puisque c'est l'avenir des Français », a indiqué à l'AFP Michel Houel, sénateur de Seine-et-Marne. De fait, l'ampleur des modifications apportée par la Haute Assemblée au projet de loi sera surtout fonction du nombre de manifestants présents dans la rue le 23 septembre lors de la prochaine journée d'actions à l'appel de l'intersyndicale. Ce mercredi, les syndicats avaient organisé un rassemblement symbolique place de la Concorde à Paris, en face de l'Assemblée nationale. Quelques milliers de personnes ont brandi une immense banderole invitant les députés à ne pas voter « cette réforme injuste ». Mais l'issue du bras-de-fer se jouera dans une semaine. Si les syndicats parviennent à dépasser leur score du 7 septembre qui avait rassemblé selon eux plus de 2,7 millions de personnes, l'exécutif n'aura d'autre choix que de faire de nouvelles concessions. A l'inverse, un échec syndical marquerait la fin du débat...

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