La croissance turque, gage d'un regain de dynamisme européen

Les boutiques d'Istiklal, au centre d'Istanbul, comme celles, plus chic, du Kanyon, le centre commercial qui jouxte le quartier d'affaires, ne désemplissent pas. Les Turcs, surtout ceux de la classe moyenne émergente, ne cessent de jouer de leur carte de paiement. A tel point que la croissance économique pour le deuxième trimestre, dévoilée mardi, a enregistré une progression « à la chinoise », de 10,3 % (par rapport au printemps 2009). Une performance presque aussi bonne que celle du premier trimestre, lorsque la croissance s'était affichée à + 11,7 % en rythme annuel. Mieux, si les exportations, de voitures ou de textile, ont rebondi avec la reprise mondiale, la progression du PIB a été principalement soutenue par les achats de véhicules, d'appartements et d'équipements ménagers des familles turques. Pas étonnant qu'elles dépensent : leur confiance se situait, au deuxième trimestre, à son plus haut niveau depuis plus de deux ans. Autant dire que le brusque accès de faiblesse - une décélération du PIB de 4,7 % l'an dernier, sous l'effet de la crise économique internationale - est oublié. Séduire les entreprises étrangèresCe que les citoyens turcs retiennent, c'est l'augmentation de la richesse par tête depuis 2003, date à laquelle le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a pris ses fonctions : + 150 %, le tout sur fond d'inflation sous contrôle, une fois n'est pas coutume... La Turquie, et, dans une moindre mesure, la Pologne, avec son marché de près de 40 millions de personnes et une croissance révisée à la hausse, à 3,10 %, en 2010, pourraient ainsi jouer pour l'économie européenne le rôle de la Chine vis-à-vis du reste du monde. Avec ses 75 millions de consommateurs potentiels, le marché turc a en tout cas de quoi séduire les entreprises étrangères. Leur nombre a doublé localement ces cinq dernières années. Un attrait qui pourrait favoriser une adhésion à l'Union, dans la foulée de la réforme constitutionnelle, plébiscitée le 12 septembre. Pourtant, tout n'est pas parfait : selon le dernier rapport de l'OCDE, rendu public ce mercredi, Ankara devrait enclencher une autre série de réformes, visant le marché du travail, cette fois-ci, et qui irait d'une libéralisation à l'adoption, volontaire dans un premier temps, d'un salaire minimum, en passant par des critères plus stricts pour les produits « made in Turkey », afin d'améliorer leur compétitivité. Ces conseils se fondent sur le constat suivant : « La faible capacité à créer des emplois est liée à la réglementation excessive du marché du travail, qui incite aux arrangements informels, eux-mêmes gênant les gains de productivité. » L'OCDE se félicite en revanche des avancées en matière budgétaire, de nature à faire baisser la prime de risque et les taux d'intérêt.

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