Une nouvelle classe moyenne mondiale émerge

Takeshi Niinami n'a que faire des disparités de patrimoines entre habitants des marchés émergents et ceux des pays industrialisés. Comme nombre de dirigeants d'entreprises, le PDG de Lawson, le deuxième opérateur de commerces de proximité japonais, s'intéresse surtout aux perspectives des classes moyennes des pays émergents. Mercredi, le responsable a annoncé l'ouverture d'ici à la fin 2011 de 130 nouveaux magasins à Shanghai et Chongqing. Ce n'est qu'un début : Lawson entend investir jusqu'à 200 millions de dollars par an dans l'ex-empire du Milieu afin d'y opérer 10.000 magasins à l'horizon 2020, contre près de 330 actuellement. D'après Citigroup, en 2030, 93 % des habitants de la planète appartenant dans leur pays à la « classe moyenne » proviendront des pays émergents, contre 56% en 2000. Chef économiste de la Banque de développement asiatique (ADB), Jong-Wha Lee prévient qu'il « est vraiment attendu que les consommateurs des marchés émergents d'Asie viennent à assumer le rôle traditionnel des classes moyennes américaine et européenne » et aient un impact « déterminant sur le rééquilibrage de l'économie mondiale ». Opportunités Les grands groupes français ne l'ignorent pas et sont prêts à investir dans les gisements de croissance les plus inattendus, tel Louis Vuitton qui l'an dernier a inauguré un magasin à Oulan-Bator, en Mongolie. Directeur associé chez McKinsey, Amine Tazi-Riffi engage le patronat français à ne pas rater le train de la croissance africaine. « Pour nous, il ne s'agit pas d'une option de croissance mais d'un impératif stratégique », indique le responsable. En termes d'opportunités, celui-ci n'hésite pas à comparer le Continent noir à la Chine d'il y a vingt ans et avertit que pour les entreprises occidentales souhaitant s'y développer, les « cinq prochaines années seront décisives ». « Ce milliard d'habitants à deux heures de Paris, c'est une réalit頻, martèle Amine Tazi-Riffi Un autre consultant, Euromonitor International, estime pour sa part que dans les douze principaux marchés émergents, les ventes au détail bondiront de 7,5 % en 2011, contre 2 % dans les pays industrialisés. Malgré les incertitudes persistant sur les marchés financiers occidentaux, les opérateurs restent aussi confiants dans les perspectives des consommateurs des pays émergents et dans la capacité d'entreprises régionales à profiter de leur essor. Depuis le début 2010, l'indice MSCI reflétant la performance des actions liées aux biens de consommations dans les pays émergents a bondi de plus de 16 %. Eric Chalmet

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