La Française des Jeux et le PMU sur la sellette

Partis sur les chapeaux de roues dans les paris sportifs en ligne, la Française des Jeux et le PMU pourraient être coupés dans leur élan par l'Autorité de la concurrence. Cette dernière, qui s'est autosaisie pour avis, a annoncé mercredi vouloir examiner le marché des jeux d'argent sur Internet - paris sportifs, hippiques et poker ouverts à la concurrence depuis l'adoption de la loi du 12 mai. Selon une procédure qu'elle utilise de plus en plus souvent, l'Autorité va examiner « les problèmes d'accès au march頻 qui pourraient se poser en raison de la « présence d'acteurs verticalement intégrés ». Utilisation des gainsDe manière à peine voilée, l'Autorité va passer au peigne fin la situation du PMU. Le statut du premier opérateurs de paris hippiques en France, en monopole sur le réseau physique, est un Groupement d'intérêt économique, qui finance France Galop et le Cheval Français. C'est peu dire que les deux sociétés qui organisent les courses de chevaux n'ont pas vu d'un bon oeil l'arrivée des paris sportifs. Enfonçant le clou, le gendarme du marché s'attachera à dénicher les « possibles distorsions de concurrence ». Cette fois, l'Autorité vise la Française des Jeux, en plus du PMU. Comment les deux monopoles utilisent-ils les gains tirés de leur activité dans les tabacs et autre point de vente pour financer leur développement dans le jeu en ligne ? Cet avantage fausse-t-il le jeu de la concurrence ? Telles sont les questions auxquelles répondra l'Autorité. La Française des Jeux et le PMU ont noué les partenariats les plus prestigieux avec les grands médias français (TF1, RTL, Orange...), ont dépensé sans compter et ont « disposé d'une présence physique pour relayer leurs services en ligne », selon l'institut Xerfi. Dans le pari hippique, les nouveaux opérateurs (Betclic, Bwin...) dénoncent la situation du PMU, capable d'offrir d'importants gains aux joueurs grâce aux enjeux récoltés dans ses points de vente. L'autorité s'attaque à une situation qui n'a pas été traitée par le projet de loi conçu par l'ancien ministre du Budget Éric Woerth. De fait, le gouvernement a pris soin de préserver les intérêts de la Française des Jeux et le PMU premier pourvoyeur de fonds de la filière équine et de ses hippodromes aux importants enjeux électoraux. L'industrie du jeu rapporte 5 milliards d'euros par an de recettes fiscales, Le président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, a donc décidé d'aller plus loin que prévu. À l'origine, l'Autorité devait rendre des avis sur les contrats signés entre les opérateurs de paris et les fédérations sportives. Ce qui fait d'ailleurs parti du programme. Dans le cadre du « droit au pari », les fédérations ont concédé aux opérateurs des droits d'organiser des paris sur leurs compétitions (championnat de football de Ligue 1, tournoi de Roland Garros...) moyennant une rémunération de 1 % des mises. Modalités trop flouesBien qu'ils aient tous signé des accords, tous (hormis le PMU et la Française des Jeux) n'ont cessé de se plaindre des conditions faites par les fédérations, jugeant les prix exorbitants et les modalités beaucoup trop floues. Le gendarme de la concurrence va examiner si les contrats cachent « des discriminations ou exclusivités déguisées », qui pourraient passer par « un accès aux bases de données, des rabais sur les volumes, ou des exclusivités portant sur d'autres droits ». Le cahier des charges de la Fédération de football exclut explicitement « l'utilisation de tout logo » des compétitions et « toutes images animées ou non, des compétitions ». Des restrictions jugées injustifiées par les opérateurs.

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